‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 16 sur 742 · TRAITÉ AVEC BARI · texte numérisé non relu

TRAITÉ AVEC BARI

les villes et châteaux qu'il tenait pour la somme de vingt schifati et dut prendre l'engagement de partir pour la Terre-Sainte.

Nous avons conservé une copie du traité conclu entre les gens de Bari et le roi Roger, lors de la reddition de la place !. Alexandre et Tancrède de Conversano, Robert de Gravina et Geoffroi de Catanzaro, jurèrent au nom du roi que les conditions suivantes seraent observées : les reliques de saint Nicolas demeureront toujours à Bari, et divers privilèges sont accordés à l’église où elles sont conservées; un archevêque étranger ne sera pas imposé à la ville sans le consentement des habitants; une amnistie entière est accordée aux habitants pour les faits de révolte, seules dix personnes désignées par leur nom en sont exceptées ; le roi s'engage à respecter la loi et les coutumes de Bari, à ne pas imposer aux habitants les épreuves Judiciaires par le fer, le combat ou l’eau; il les exempte de l’angarie et de l’aide, du service militaire sur terre et sur mer, leur accorde divers privilèges judiciaires, s'engage notamment à ne pas nommer de juge étranger à la ville, exempte leurs biens de tout service et de toute redevance, ainsi que de l’albergement, promet de ne jamais prendre d'otage et de ne pas reconstruire de citadelle; enfin il fut convenu que dans le cas où la ville serait accordée à l’un des fils de Roger, le jeune prince serait tenu de s'engager à respecter l'accord conclu entre son père et les bourgeois.

La prise de Bari amena la soumission de la Pouille, ce qui permit à Roger de s'occuper de la rébellion du comte d’Alife. Un moment, Rainolf avait songé à porter secours aux gens de Bari : il en avait été empêché par le prince de Capoue, qui lui défendit d'entrer sur les terres du roi avant qu'une nouvelle tentative de conciliation eût été faite. En même temps, Robert de Capoue sollicita Anaclet II d'agir auprès de Roger, mais l'intervention amicale du pape n’obtint aucun succès 2. Robert lui-même ne fut pas plus heureux quand, pendant le siège de Bari, ses légats

1. Cod. dipl. Bar., t. V, P. 137. Dans cet acte la forme comes Catenzanii me paraît une erreur, car ce personnage est à identifier sans doute avec le Geoffroi, comte de Catanzaro et seigneur d’Avellino, mentionné en 1143, cf., Ughelli, op. cit., t. VI, p. 95.

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