Al-Tel:: PL 49, p- 108. Falco Benev., p
Hisloire de la domination normande. Il. — CHaLanbox.
vinrent demander à Roger la restitution d'Avellino et de Mercogliano, ainsi que la mise en liberté de Mathilde et de son fils. Par ses délégués Robert de Capoue signifiait au roi que si une réponse favorable n'était pas faite à sa demande, il se verrait dans l'obligation de refuser tout service féodal. L'approche de Lothaire n’était certainement pas étrangère à l'attitude que prit alors le prince de Capoue Là
Roger reçut fort mal les ambassadeurs de Robert et se contenta de répondre que ses envoyés feraient connaître sa réponse; bientôt après, l'ambassade annoncée portait au prince de Capoue l'ordre de se rendre immédiatement à Rome pour protéger le pape contre Lothaire. Robert refusa d’obéir, tant que justice ne serait pas rendue à son vassal. La rupture étant dès lors inévitable le prince de Capoue et Rainolf préparèrent tout pour faire une résistance prolongée. Ils vinrent s'établir dans la vallée Caudine que Roger revendiquait comme ayant fait partie de la dot de sa sœur. La lutte qui allait mettre aux prises le comte d'Alife et le prince de Capoue avec Roger II ne pouvait manquer d'intéresser tous les seigneurs qui voyaient leur indépendance menacée par les prétentions du roi ; aussi voyons-nous que le duc de Naples s'engagea à soutenir les rebelles ?.
Roger se rendit à Crepacuore, dans les environs de Troia, et de là à Montecalvo *. Robert de Capoue, pendant ce temps, s'établissait à Tresanti £. Le roi n'avait pas cru, semble-t-il, que Robert oserait en venir à une révolte ouverte; aussi préoccupé de l'approche de l’empereur allemand, essaya-t-1l de traiter. Il fit demander au prince de Capoue de lui laisser libre passage à travers ses terres,
pour qu'il pût se rendre à Rome; en même temps il l’invitait à l'accompagner. Robert déclara qu'il n’obéirait pas à l’ordre du
1 A:-Tel.; 11, 22,"p: 109.
9. Falco Benev., ad. an., p. 207. ; AL. Tel., II, 22-24, pp. 109-110.
3. Je ne trouve dans le Dizionario geografico postale del regno d'Italia (Rome, 1885) aucune localité correspondant à Crepacuore. Di Meo, op. cil., t. XII, p. 224, place ce village près de Troia et l’identifie avec Taverna, circond. et prov. d’Avellino. Montecalvo est à identifier avec Montecalvo [rpino, circond. d’Ariano di Puglia, prov. d’Avellino. :
4, Di Meo, op. cit., t. XII, p. 501, identifie cette localité avec Cressanta et la place entre Bénévent et Montesarchio.
roi, tant que celui-ci n'aurait pas fait justice à son baron. Quittant alors Montecalvo, Roger alla à Padula l, d’où il commença de nouvelles négociations, mais, Robert s’'obstina dans son refus d'aider le roi et de lui accorder le droit de traverser ses terres ?.
Tous ces pourparlers durérent assez longtemps >; la conduite de Roger est empreinte d’une certaine hésitation qu'il faut, sans doute, attribuer à son désir d'éviter une révolte du prince de Capoue et de ses alliés, au moment de l'approche des Allemands.
Le 13 juillet, Roger était établi près de San Valentino, dans les environs de Bénévent # ; il cita Robert et Rainolf à comparaitre devant sa cour. Ceux-ci refusèrent d’obéir. A ce moment, le prince de Capoue avait réussi à grouper autour de lui un assez grand nombre de partisans ; il avait sous ses ordres trois mille chevaliers et quatre mille fantassins. Très habilement, Robert sut montrer aux seigneurs normands les dangers que leur faisait courir l’ambition de Roger. Les exemples de Grimoald, de Tancrède et de Geoffroi étaient présents à tous les esprits. La crainte de se voir dépossédés de leurs fiefs et exilés décida tous les mécontents à faire cause commune avec Robert, qui, en présence des empiètements du pouvoir royal, se posait en défenseur de l'indépendance de l’aristocratie 5.
Tandis que la rébellion s’étendait, les négociations se poursuivaient toujours entre Roger et le chef des rebelles. Falcon dont le récit est peu clair, nous dit que Robert fit savoir au cardinal Crescentius, recteur, et à Landolf, archevêque de Bénévent, qu'ils eussent à se rendre avec quelques notables auprès du roi. Il faut, comme on l’a proposé, corriger ici le texte de Falcon et au lieu de princeps lire rex ; c'est Roger qui invita le recteur et l’arche-
1. Padula sur le Calore, cf. di Meo, op. cit., t. XII, p. 428.
2. Al. Tel., IT, 25, pp. 110-111. Falco Benev., Loc. cit., mentionne Montesardo (in planilien Montissardi) comme lieu de rassemblement des troupes de Robert et de Rainolf. Il faut lire sans doute Montissarci (cf. di Meo, op. cit, t. IX, p. 7) et identifier cette localité avec Montesarchio, circond. et prov. de Bénévent.
3. Al. Tel., Il, 25. Roger donne quinze Jours à Robert pour répondre.
4. Falco Benev., p. 208. Cf. sur l'identification di Meo, OpECU EXT, p- 905.