ROGER IL ET EL-HASSAN
par Roger à sa nouvelle possession ne heurtait point les esprits musulmans, aussi encouragea-t-elle certains chefs, menacés par leurs voisins, à demander la protection du roi de Sicile. C’est ainsi que Yousouf, qui gouvernait Gabès au nom du jeune Mohammed, fils de Rasid, menacé par le fils aîné de ce dernier, qui s'était uni avec El-Hassan, s’adressa à Roger et lui offrit de lui donner Gabès, à condition qu'il en serait le wali (entre le 2 juin 1147 et le 21 mai 1148). Roger ayant accepté Yousouf fit lire en présence des habitants assemblés le diplôme qui plaçait la ville sous le protectorat du roi de Sicile t, Sur ces entrefaites, El- Hassan vint assiéger Gabès, dont il s'empara grâce au concours
des habitants mécontents du traité conclu avec Roger. Yousouf
fut pris et tué, mais son frère et son fils réussirent à gagner la Sicile. Roger, informé de ces événements, envoya aussitôt sa flotte contre Gabès, mais ne put s'emparer de la ville. Cet échec doit, semble-t-il, être attribué à la faiblesse de la flotte sicilienne dont la plus grande partie était alors occupée à l’expédition dirigée contre l'empire byzantin ?. Malgré sa conduite envers Yousouf, El-Hassan continuait à se regarder comme l’allié de Roger IT, avec lequel il était encore lié pour deux années * par son traité; nous le voyons, en effet, envoyer une ambassade à Palerme “, Il semble bien que l'ambassadeur musulman ait alors trahi son maître et ait traité avec Roger II. Celui-ci était, en effet, décidé à tirer vengeance d'El-Hassan, et, dans le courant de 1148, une grande expédition fut préparée. La flotte ne comprenait pas moins de deux cent cinquante vaisseaux. De Pantelleria, Georges d'Antioche qui commandait l’armée, fit donner avis à El-Hassan, par pigeon voyageur, que les vaisseaux siciliens se dirigeaient vers Constantinople. Il voulait ainsi endormir la vigilance du prince d'El Medeah. Il comptait, en effet, arriver à l’aube devant la ville et débarquer ses troupes avant que les habitants surpris puissent se défendre. Les vents con-
1:0bn él Afnr BAS CT P. #67; At Tigani, ibid. t. II, p. 54; Ibn Khaldoun, ibid., t. I, pp. 208-209 ; [bd abi Dinar, 1bid., t. II, p: 294. . Amari, op. ci., t. III, p. 413.
. Ibn el Athir, B.A.S., t. I, pp. 469-470.