‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 19 sur 742 · Falco Benev., pp · texte numérisé non relu

Falco Benev., pp

tant pour être négligé; Robert de Capoue se hâta donc de traiter avec eux sur les bases des propositions de Roger, mais en ayant soin de spécifier que les bourgeois resteraient neutres et se borneraient à laisser ses troupes traverser leur territoire. Robert et Rainolf auxquels se joignirent Hugues l'Enfant et Raon de Fragneto, s'avancèrent jusqu'aux portes de la ville ; près du Ponte Maggiore, le traité fut solennellement juré, en présence de l’archevêque qui fit réserver la fidélité au Saint-Siège. Nous ne savons s'il s’agit ici d'Anaclet ou d’Innocent IT !.

L'alliance de Bénévent et de Robert de Capoue constituait un gros échec pour Roger. Craignant évidemment une attaque des gens de la ville et du prince de Capoue, le roi leva son camp en toute hâte, pendant la nuit, et gagna à marche forcée les bords du Sabbato, pour ne s'arrêter qu'au jour, au pied du mont Atripalda (20 juillet)?. L'armée royale fut poursuivie par Raon de Fragneto qui réussit à massacrer quelques traînards musulmans.

Désireux de ne point demeurer sur un échec, qui risquait de lui faire perdre tous les avantages de ses précédents succès, Roger IT entreprit aussitôt le siège de Nocera, qui appartenait au prince de Capoue. Pour empêcher la place d'être secourue, il fit couper le pont de Scafati qui unissait les rives du Sarno. Dès le lendemain, apparurent les troupes du prince de Capoue qui durent employer quelques jours à refaire un pont ; quand les communications eurent été rétablies, les rebelles passèrent le fleuve, le cinquième jour après le commencement du siège, le dimanche 24 juillet. Un secours de deux cent cinquante hommes fut aussitôt envoyé à la garnison de Nocera, tandis que Rainolf et le prince de Capoue, ayant avec eux deux mille cinq cents chevaliers, venaient présenter la bataille à Roger II. Le roi accepta, le combat ; ses troupes tout d'abord prirent l'avantage et repoussèrent l'ennemi jusqu’au Sarno, dans lequel beaucoup

1. Falco Benev., loc. cit., cf. Al. Tel., II, 27-28, pp. 111-112.

2. Cf. del Re, op. cit., p. 270, note 81. Il s’agit du mont Atripalda, qui domine le cours du Sabbato et a donné son nom à Atripaldo, circond. et prov. de Salerne. Nous connaissons la date de la bataille, puisque nous savons que Roger est resté huit jours à San-Valentino, Falco Benev., loc. cit.

d'hommes se noyèrent. L'intervention de Rainolf changea le sort du combat et ce fut au tour des soldats du roi à prendre la fuite. La déroute de l’armée royale fut complète et ce n'est qu'avec peine que Roger, escorté seulement de quatre hommes, réussit à gagner Salerne, où il parvint le jour même, après avoir échappé à Rainolf, qui le poursuivit jusqu'aux portes de la ville. Tous les bagages de l’armée de Roger tombèrent aux mains de l'ennemi, qui fit un butin énorme et s'empara des archives royales ?.

Bientôt connue à Bénévent, la nouvelle de la victoire causa une grande joie ; une procession aux flambeaux fut organisée et visita les principaux sanctuaires. Le retentissement de la défaite de Roger ne fut pas moindre dans le reste de l'Italie, en Pouille et en Sicile ?, et l'extension que la rébellion prit alors montre bien quelle fut la gravité de l'échec éprouvé par l’armée royale. Quand il apprit la victoire des rebelles, Tanerède de Conversano, qui préparait à Montepeloso son départ pour la Terre-Sainte *, songea aussitôt à profiter des embarras de Roger pour rentrer en possession des territoires qu'il avail été forcé d'ahiéner. Les habitants d'Acerenza, forcés par le gouverneur de la ville de reconnaître Roger malgré leur volonté, embrassèrent aussitôt le parti de Tancrède. Ce dernier s'entendit avec Geoffroi d'Andria et Alexandre de Conversano pour faire connaître au prince de Capoue leur intention de se révolter de nouveau; ils demandaient que Robert prît l'engagement de ne pas conclure un traité de paix avec le roi s'ils en étaient exclus. Leur exemple fut suivi et les habitants de Bari, malgré leur récent accord avec Roger IT, se soulevèrent contre lui *.

Ce fut à Salerne que Roger apprit la nouvelle de l'insurrection

de la Pouille. Il décida aussitôt de se rendre sur le théâtre des événements et gagna Melfi où il demeura quelques jours. Nous savons que le roi, qui se trouvait à Melfi le 5 octobre ?, avait convoqué

4. Falco Benev., ad. an., pp. 212-214; Alex. Tel., Il, 29-32, pp. 112-114. CE. Jaffé, Bibl. rer. germ., t. V, Mon. Bamb., N° 259, p. 442. 2, Falco Benev., ad. an. p. 214.

‘Al Tel "IL,:33;, D. 114.

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5. Falco Benev., ad. an., pp. 21#-215 ; K. Kehr, op. cil., p. 416, privilège

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