‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 18 sur 742 · Falco Benev., ad. an., p. 208. AI. Tel., II, 25, p · texte numérisé non relu

Falco Benev., ad. an., p. 208. AI. Tel., II, 25, p

Tr a

vêque de Bénévent à se rendre auprès de lui !. Ceux-ci prirent avec eux les juges de la ville et s'étant adjoints trente notables ils allèrent trouver le roi. Quel était le but de cette ambassade ? Nous l'ignorons ; faut-il y voir une démarcheinspirée par Anaclet If, peu désireux de voir une révolte le priver des secours qu'il espérait recevoir contre les Allemands, ou bien s'agit-il d’une médiation sollicitée par Robert ?

Dans tous les cas, l'intervention des Bénéventains ne produisit pas les résultats qu'avait espérés le prince de Capoue. Roger gagna à sa cause les envoyés et leur promit qu'à l'avenir les habitants de Bénévent ne paieraient plus aux Normands les tributs accoutumés. À la suite de cette promesse, une alliance fut conclue entre Bénévent et le roi. Les envoyés Bénéventains retournèrent chez eux pour faire ratifier l'accord qui avait été signé. En présence de la commune rassemblée, ils donnèrent lecture du projet de traité, qui fut approuvé. Nous avons déjà eu souvent l’occasion de parler des deux partis qui se disputaient le pouvoir à Bénévent. Le parti qui était alors éloigné des affaires profita des événements pour répandre le bruit que Crescentius avait été acheté par le roi et que la ville allait êtrelivrée à Roger. L'émotion suscitée par cette nouvelle fut très grande, et une vive agitation se produisit. Celle-ci fut très probablement d'autant plus violente que les envoyés de la ville avaient promis de secourir Roger contre le prince de Capoue ; or les bourgeois n'étaient pas belliqueux et avaient horreur du service militaire. Bientôt, l'agitation s’accroissant, une émeute éclata et le recteur chassé dut chercher un refuge auprès du roi, tandis que l'archevêque se cachait pour échapper à la colère populaire. Les chefs de l’'émeute furent naturellement amenés às’appuyer sur les Normands rebelles ; ils entamèrent aussitôt des négociations avec le prince de Capoue qu'ils mirent au courant des tentatives de Roger pour s'emparer de Bénévent ?.

L'appui que les Bénéventains lui fournissaient était trop impor-

1. Falco Benev., p. 209 et Al. Tel., If, 26, p. 111. Cf. del Re, op. cit., p. 270, note 80.

Page 1