‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 201 sur 742 · PAPE RE · texte numérisé non relu

PAPE RE

DÉC DE Se

normand par l'empereur allemand, mais celui-ci se méfie du basileus autant que du pape. Frédéric n’admet pas, cela ressort clairement du traité de Constance, qu'une partie quelconque du territoire italien appartienne aux Grecs; aussi repoussera-t-il toutes les ouvertures qui lui seront faites à ce sujet. Peut-être faut-il également tenir compte, pour expliquer l'échec des négociations si longtemps poursuivies, de l'occupation par les Byzantins d'Ancône, ville dépendant de l’empire allemand !. Repoussé par Barberousse, Manuel se décidera à agir seul, en aidant les vassaux de Guillaume [°', mais, en même temps, 1l cherchera à jouer auprès du pape le rôle de protecteur que Fréderic n'a pas pu remplir 2. De ce côté il ne sera pas plus heureux, car Hadrien IV se défiera du basileus autant que de Barberousse, et l'entente entre le pape et l'empereur grec ne pourra jamais s'établir. Ce sont ces défiances réciproques, ces ambitions rivales qui, en empêchant l’union de ses adversaires, permettront à Guillaume Ie" de remporter le succès final.

Après avoir été retenu plusieurs mois par la résistance de quelques-unes des villes du nord de l'Italie, et après avoir pris, à Pavie, la couronne de fer des rois lombards, Barberousse reprit sa marche vers le sud ?, Dans les premiers mois de l’année 1155, il persévérait toujours dans son projet d'attaquer le royaume normand, et nous le voyons dans ce but solliciter des Pisans, le concours de leur flotte ‘.

La prochaine venue de Frédéric ranima le courage d'Hadrien IV qui, depuis son élection, était aux prises avec la commune de Rome. Après son avènement, le pape n'avait pu prendre possession du Latran et avait été contraint de demeurer enfermé dans la cité léonine ?. Ses partisans n'étaient pas en sûreté dans Rome, et l’un des cardinaux, attaqué dans la rue par la populace, fut à moitié assommé. Hadrien IV, à la suite de cet événement, se décida à frapper un grand coup et jeta l’interdit sur la ville. Cette mesure réussit à moitié, car, au moment de

. Cf. Kap.-Herr, op. cif., p. 49, note 2.

Vita Hadriani, dans Lib. Pont., t. I, p. 394. 3. G£-Prutz, op cif. st. lp. prets . Otton de Freisingen, Gesta, Il, 20, dans M.G.H.SS., t. XX, p. 403. 5. Cf. Gregorovius, op. cit., t. IT, p. 535.

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