RÉVOLTE DU COMTE DE LORITELLO
aussi craignèrent-ils que ce coup de force ne fit éclater l'insurrection avant que n'eussent été prises les mesures nécessaires à sa répression. Quoi qu'il en ait été, le comte de Loritello sentit le danger de sa présence à la cour, et quitta Salerne.
Guillaume I‘ prolongea, jusqu'après Pâques (27 mars), son séjour à Salerne ! ; il prit avec Maion les mesures nécessaires pour permettre à l'armée royale d'entrer prochainement en campagne. Le roi, en effet, s'était résolu à faire faire par ses troupes une démonstration contre le territoire pontifical. Ce fut le chancelier Asclettin qui fut chargé d'exécuter cette opération : on lui adjoignit dans le commandement le connétable Simon, comte de Policastro. Toutes les mesures ayant été prises, le roi repartit pour la Sicile en compagnie de Maion (après Pâques).
Après le départ de Guillaume, Asclettin eut à jouer un rôle actif. L'armée royale avait été convoquée à Capoue, semble-t-il ?; la concentration s'opéra à l’époque indiquée, mais on peut constater qu’à ce moment déjà, une sourde agitation commence à se manifester (avril-mai 1155) %. Peut-être même vers cette époque, le chancelier et le connétable durent-ils se rendre en Pouille où l'agitation causée par la nouvelle de l'approche de Frédéric Barberousse paraît avoir été assez vive 4, On commençait à murmurer contre le roi et son ministre, et les intéressés répandaient dans le public le bruit que Roger If, prévoyant que son fils serait incapable de régner par lui-même, avait fait un testament, par lequel il laissait la couronne au comte de Loritello ®. L’écho de ces bruits ne tarda guère à parvenir à Palerme; Guillaume ne douta pas un instant de la trahison de son cousin, sur la fidélité duquel il avait déjà des soupçons. Il se décida alors à ten-
{. Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS.,t. XIX, p. #27.