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ter un coup de force, et envoya à Asclettin l’ordre d'arrêter le comte de Loritello et de l'envoyer à Palerme. Le chancelier essaya de s'acquitter de la tâche dont il était chargé, au moment où le comte de Loritello obéissant à la convocation du roi rejoignit l’armée devant Capoue, amenant avec lui un contingent de cinq cents chevaliers. Invité par Asclettin à pénétrer dans la ville pour y prendre les ordres du roi, Robert, prévoyant quelque guet-apens, s'y refusa et offrit au chancelier de se rencontrer avec lui en dehors de Capoue. Asclettin consentit à cette demande, mais n'osa pas arrêter le comte de Loritello au milieu de ses fidèles. Dans l’entrevue qu'il eut avec Robert, le chancelier se borna à lui faire savoir que le roi lui ordonnait de remettre entre les mains du comte Bohémond le commandement du contingent qu'il avait fourni. Le comte de Loritello ne voulut point exécuter un ordre qui était à l'encontre de tous les usages, et qu'il regardait comme une injure. Malgré l’insistance du chancelier, il'quitta l'armée et gagna avec les siens la région des Abruzzes 1.
Ce départ causa une grande agitation dans l’armée royale, et plusieurs parlèrent d'aller rejoindre le comte de Loritello. Il semble que ce dernier ait gagné à sa cause le comte de Policastro que nous voyons faire une opposition déclarée au chancelier ?. Ce dernier informa le roi de la situation, et le comte de Policastro invité à se rendre à la cour fut remplacé comme connétable. À son arrivée à Palerme, Simon fut arrêté et emprisonné. Falcand ne permet pas de fixer avec précision la date de cet événement, mais il me semble que l’on doit placer le départ du comte de Policastro avant le siège de Bénévent. A ce‘moment, en effet, un certain nombre de seigneurs se révoltèrent ouverte-
ment, or 1l résulte du récit de Falcand qu'au moment où Simon fut appelé à Palerme la rébellion n’a pas encore éclaté.
Malgré la défection du comte de Loritello, Asclettin entra en campagne au printemps 1155. En avril ou en mai, il attaqua le territoire pontifical et vint mettre le siège devant Bénévent ?.
. Falcand, op. cit., p. 11-12.