EN PARLE
il semble bien que Doukas, en dehors d’un contingent normand demeuré fidèle, ait vu ses forces réduites aux seules troupes que le basileus à diverses reprises avait fait passer en Italie.
L'armée grecque, qui assiégeait Brindisi, se trouvait exposée à être attaquée en même temps par la garnison de la citadelle et par les troupes conduites par le roi. Certains d’entre les chefs byzantins jugèrent la situation périlleuse et proposèrent la retraite sur Bari où l’armée pourrait soutenir un long siège. On recula devant l'effet désastreux que cette mesure produirait sur les populations récemment soumises, et on refusa d'abandonner sans lutte tout le pays conquis. Il fut donc décidé qu'un dernier effort serait tenté pour occuper la citadelle de Brindisi avant l’arrivée du roi. Cette nouvelle tentative eut le même sort que les précédentes et la garnison normande réussit à demeurer en possession du donjon.
Telle était la situation, quand le roi parut devant la place assiégée. Pour empêcher les Byzantins de s'échapper en s’embarquant sur leur flotte, Guillaume I* fit occuper par ses marins les petits îlots qui ferment la rade de Brindisi !. La flotte normande pouvait ainsi s'opposer à la sortie des vaisseaux grecs et, en même temps, empêcher toute tentative de débarquement si des renforts étaient envoyés par le basileus. Ces mesures étaient habiles; Doukas, en effet, comptait toujours être secouru; il évita donc d'engager à fond son armée et chercha à faire traîner les hostilités en longueur. Les premiers engagements, qui mirent aux prises les deux armées, se bornèrent à quelques combats de fourrageurs où la cavalerie byzantine remporta l'avantage. Malgré ces succès, un des corps auxiliaires de Celtes, au service du basileus, passa à l'ennemi. Il faut très probablement voir dans les Celtes, dont parle Kinnamos, un corps de Normands, qui avaient pris du service dans l’armée byzantine. Ces transfuges apprirent vraisemblablement à Guillaume I°" que Doukas attendait incessamment des renforts, car nous voyons que le roi de Sicile se décida très brusquement à livrer bataille. Les Byzantins furent contraints d'accepter le combat, malgré leur infério-