LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE GUILLAUME
Les troubles qui se produisirent dans l'Italie méridionale, en 1155 et 1156, eurent leur contre-coup en Afrique, où éclatèrent toute une série de révoltes, qui devaient amener la ruine de la domination normande. D'après Ibn-Khaldou»n, l'insurrection musulmane aurait eu pour cause la mauvaise administration des gouverneurs normands qui auraient pressuré outre mesure la population musulmane !; il est possible qu'il en ait été ainsi, mais, ce sont surtout les haines religieuses qui paraissent avoir fait éclater la rébellion. Exaspéré par certaines mesures touchant à leur religion, les Musulmans d'Afrique profitèrent de la situation difficile, où se trouvait le roi de Sicile, pour tenter de recouvrer leur indépendance.
Le mouvement commença à Sfax, où Omar gouvernait pour Guillaume If", Au moment de la conquête, le père d'Omar, Aboul-Hassan avait été emmené comme otage à Palerme ; il se rendit compte, aussitôt après l'avènement de Guillaume I‘, que la situation intérieure et extérieure du royaume de Sicile empêcherait le roi de suivre en Afrique une politique active; il écrivit donc à Omar pour l’informer que le temps était venu de tenter de s’affranchir de la domination normande ; avec une grandeur d'âme antique, ilinvitait son fils à chasser les chrétiens, sans se préoccuper du sort qui lui serait réservé à lui-même. Un vaste complot s’organisa, et, le 25 février 1156, tous les chré- ‘tiens de Sfax furent massacrés. Quand la nouvelle de la révolte de Sfax parvint à Palerme, Guillaume 1° tenta d'agir sur les rebelles, en les menaçant de faire périr le père de leur chef et