‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 251 sur 742 · GANT EC PE · texte numérisé non relu

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246 CHAPITRE VHI

Celui-ci, depuis ses succès du printemps et de l'été 1156, n'était point demeuré inactif. Guillaume I*', aussitôt après la conclusion du traité de Bénévent, songea à tirer vengeance de Manuel Comnène en portant la guerre sur le territoire de l'empire grec. Mais, avant d'engager les hostilités, il s’'appliqua à détacher les Génois de l'alliance byzantine. On n'avait point oublié à la cour de Palerme le rôle important joué par la flotte vénitienne lors de l'attaque de Corfou et l’on craignait que les Génois ne prétassent à leur tour au basileus l'appui de leur marine.

Les négociations avec Gênes furent faciles. Dès longtemps, les Génois avaient été en relations avec les Normands, car leurs vaisseaux en se rendant en Orient faisaient nécessairement escale en Sicile. Dès le début du x1r° siècle, ils avaient établi à Messineun consulat ! ; ils y possédaient aussi un entrepôt ?, et y jouissaient de l’exemption de certains droits. Les intérêts des Génois en Sicile rendirent une entente facile et, au mois de novembre 1156, deux de leurs envoyés, Guillaume Vento et Ansaldo Auria, concluaient avec le roi de Sicile un traité, qui fut peu après ratifié par trois cents bourgeois de la ville de Gênes 3. Les Génois s'engageaient à ne pas attaquer le royaume normand, à ne pas faire prisonnier le roi de Sicile, età ne conseiller à personne de le faire prisonnier. Dans le cas où quelqu'un des citoyens de Gênes attaquerait le royaume de Sicile, les consuls de la ville seraient tenus de faire satisfaction au roi. De son côté, Guillaume I" promettait de protéger les marchands génois, dans toute l'étendue de ses États et s'engageait à expulser les Provençaux et les Françaisqui faisaient au commerce de Gênes une redoutable concurrence.

Il semble qu'à Byzance on ait éprouvé quelque mécontente-

1. Cf. le diplôme du comte Roger IT, de septembre 1116, Cusa, op. cit., t. I, p. 359. Heyd, op. cit., t. I, p. 182, note 3, donne la date inexacte de 1117:

2. Cet entrepôt est mentionné en 1194, Ottoboni, Annales, dans M.G.H.SS., t. XVIII, p. 108.

3. Liber Jurium, dans Hist. patriæ monum., t. 1, pp. 190 et 202. C’est à tort que l’on a cru qu'il y avait eu deux diplômes donnés en faveur de Gênes par Guillaume Ier. Les deux morceaux publiés dans le Liber Jurium font partie d’un seul document, cf. Cronologia dei consoli del comune di Genova, dans Atti della Societa Ligure, t. I, p. 290 et suiv.

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