LES NORMANDS ET LES BYZANTINS
ment de cet accord; nous savons, en effet, que les Génois furent obligés, en 1157, d'envoyer à Constantinople une ambassade pour réclamer l'exécution du traité de 1155 !. IT semble bien que l'on doive attribuer le retard apporté par Manuel à tenir ses engagements au traité conclu par Gênes avec Guillaume [°”. Assuré de la neutralité des Génois, Guillaume put donner tous ses soins à la préparation de l'expédition qu’il avait le dessein d'envoyer attaquer et ravager les côtes de l'empire grec. Durant l'hiver de l’année 1157, les préparatifs furent poussés avec activité et une flotte forte de cent quarante galères et de vingt-quatre transports fut équipée. Au printemps, tout était prêt, et les vaisseaux normands, sous les ordres d'Étienne, frère de Maion, cinglaient vers les côtes de l'empire grec, emportant une armée de près de dix mille hommes ?. En juin, la flotte sicilienne parut à la hauteur de l'île de Négrepont, et surprit un certain nombre de vaisseaux byzantins qui furent brûlés. Les Normands débarquèrent dans l’île et brûlèrent Négrepont, Almira, Saint-Jacques, où ils détruisirent la tour qui appartenait aux Pisans. D'après Nikétas Chomatès, les Normands ne se seraient pas bornés au pillage de l’île de Négrepont, mais auraient poussé une pointe audacieuse jusque dans les eaux de Constantinople 3. La flotte normande aurait défilé devant les murs de la ville gardée de Dieu et serait parvenue Jusqu'à la hauteur du palais de Blachernes. La population de Byzance, qui se pressait sur les murs de la capitale, entendit les marins Normands proclamer à grands cris leur maître, rei de Sicile, du duché de Pouille et du principat de Capoue. Elle les aurait