Kehr, op. cit., pp
. Lib. jur., dans Mon. Hist. Patr.,t. IT, pp: 190 et 202. Cf. supra, t. II, p. 246, et Behring, n° 138 et 139.
5. Mongitore, op. cit., p.38 ; Behring, n° 1#1; Pirro, op. cit,, t. I, p. 746, donne des extraits du diplôme de fondation du monastère Santa Maria di Adriano, par Guillaume Ie, au mois de mai 1157. L'apparition miraculeuse à laquelle il est fait allusion et l’inexactitude de la date de règne du duc Roger (cf. Kehr, op. cit., pp. 309-310), rendent ce diplôme très suspect. On ne peut d’ailleurs se prononcer avec certitude car Pirro n’a reproduit
pendant l'été 1158!, le roi demeurant toujours à Palerme confirme à Renaud, abbé du Mont-Cassin, le privilège accordé aux moines de l'abbaye par le roi Roger, en 1130. Au mois de janvier 1159, Guillaume [°° vend à Robert, évêque de Messine, une maison sise dans la ville de Palerme?. Comme les précédents, ce diplôme est donné à Palerme. Au mois de juin de cette même année, nous trouvons le roi à Messine où il fait à Hugues, archevêque de Palerme, donation d'une maison sise à Messine et ayant appartenu jadis à l’'émir Christophe. Au mois de mai 4160, nous retrouvons le roi à Palerme, où 1l conclut avec les gens de Caltagirone un accord relatif à l'achat de diverses terresi. Du même mois est le diplôme par lequel Guillaume [°* accorde divers privilèges aux habitants chrétiens de Messine *. L'éclatante victoire remportée par Guillaume [*, en 1156, sur ses vassaux rebelles assura à ses États quelques années de tranquillité. Une des premières mesures prises par le roi après ses succès fut de donner à son fils aîné, Roger, l'investiture du duché de Pouille. Dès le mois de juin, Roger est qualifié par son père de duc. En août 1156, la date de son règne, comme due de
que des fragments de l'acte. Mazzella, Descrittione del regno di Napoli (Naples, 1601), p. 595, cite un diplôme par lequel Guillaume [°', en 1157, donne à Claudio David le fief de Montelli. Sur ce diplôme très probablement faux, cf. Kehr, op. cit., p. 401.
1. Gattola, Acc., t. I, p. 259 ; ce diplôme, peut avoir été donné de juin au 31 août 1158. Cf. Kehr, op. cit., p. 309, note 8.
2, Documenti per servire alla storia di Sicilia, première série, t. I, I diplomi della cattedrale di Messina, t. 1, p. 20. Le diplôme est daté de janvier 4158, ind. VIT-11459, n. s., cf. Pirro, t. I, p. 394.
3. Pirro, op. cit., t. [, p. 98; Behring, Reg., n° 145. Un acte du mois de mai 4159, par lequel le roi reconnaît le prêtre Pierre comme chapelain de l'église Santa Maria de Troina, est très douteux, Behring, n° 144, cf. N. Longo, Ricerche su i diplomi Normanni della Chiesa di Troina (Catania, 1899), in-80, p. 42, Garufi, Arch. st. sicil, t. XXIV, p. 672, et Kehr, op. cit., p. 324.
4, Kehr, op. cit., p. 435.
5. La Mantia, Î privilegi di Messina, p. 23. Du 20 août de la même année est le diplôme faux de Guillaume I** pour Messine, Muratori, R.L.SS., t. VI, pp. 624-626. Sur les lprivilèges faux de Messine, cf. Kehr, op. cit., p. 319 et suiv.
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Pouille figure dans un diplôme royal à côté de la date de règne de Guillaume Ier !,
Après la campagne de 1156, Guillaume 1° paraît avoir complètement abandonné à Maion le soin de gouverner le royaume. Les succès remportés par son ministre dans les négociations avec les puissances étrangères justifiaient la conduite du roi qui put sans souci se livrer tout entier à son goût pour le plaisir. Maion continua à l'intérieur la politique inaugurée par Roger II. L’aristocratie, dont quelques-uns des membres les plus importants avaient été sévèrement punis après la révolte de 1156, continua à être systématiquement éloignée des affaires. Quant aux villes, il semble bien que Guillaume 1° sur les conseils de son ministre ait porté atteinte aux privilèges dont elles avaient joui jusque-là ?. Leurs habitants virent diminuer les garanties dont était entourée leur liberté et accroître en même temps les charges financières qui pesaient sur eux. Les vassaux du roi et les habitants des villes, forcés par la terreur de courber leur front devant
l'autorité royale *, ne pardonnèrent pas les mesures de répres-
sion prises par le ministre de Guillaume I, et regardèrent Maion comme l’auteur responsable de tous leurs maux. Pendant les quatre années qui suivirent le traité de Bénévent, le mécontentement ne fit que croître, sans que toutefois personne ait osé attaquer ouvertement le tout-puissant ministre. La chronique de Falcand nous laisse entrevoir que, durant cette période, il y eut entre les divers mécontents toute une série d'intrigues, mais nous sommes assez mal renseignés à ce sujet et nous ne pouvons pas établir une chronologie précise des événements. Il paraît toutefois fort probable que les Normands, exilés du royaume, continuèrent à entretenir des relations avec les mécontents et jouèrent un rôle important dans la conspiration que nous allons raconter #.
- M.G.H.CC., I, p. 590, et Behring, Regeste, n°137. Falcand, op. cit., p. 63.
. Après la révolte, Guillaume It", annonçant au peuple de Palerme qu'il veut modifier sa manière de gouverner, déclare qu'à l'avenir il veut être aimé et non craint, Falcand, op. cit., p. 63.
4. CE. Falcand, op. cit., p.30, qui établit un rapport entre le mécontentement général et les expéditions d'André de Rupe Canina, en 4157 et 1158.
Plusieurs des principaux vassaux du royaume décidèrent d'éloigner par tous les moyens le grand émir. En Sicile LE un certain nombre de barons prirent part à la conspiration ; parmi eux se trouvaient Silvestre, comte de Marsico, et Roger de Créon, dont la fille, au dire de Falcand, aurait été séduite par Maion. Mais ni Roger, ni le comte de Marsico, ni les autres seigneurs siciliens n'osèrent prendre la tête du mouvement; 1l semble que les vassaux de Sicile, plus immédiatement placés sous l'autorité royale, aient craint de montrer trop ouvertement leurs sentiments à l'égard du tout-puissant ministre et se soient contentés d'assurer secrètement de leur concours les chefs de l'opposition. Les vassaux italiens du roi firent preuve de plus de décision et ourdirent une vaste conspiration dont le but était de faire assassiner Maion. Le mouvement s'étendit de la Pouille à la Terre de Labour et aussi à la Calabre. Les principaux conjurés étaient Jonathas, comte de Conza, Richard d'Aquila, comte de Fondi, Roger, comte d’Acerra, Gilbert, cousin de la reine, récemment arrivé d’Espagne et auquel le roi avait donné le comté de Gravina ?. A leurs côtés nous trouvons encore Bohémond, comte de Manopello, Philippe, comte de Sangro, Roger, comte de Tricarico #, le comte Simon, Mario Borrel. Les conjurés cherchèrent à s'appuyer sur les villes et réussirent à gagner
4. Falcand, op. cit., p. 30, indique clairement que les Siciliens craignent de se compromettre. Romuald de Salerne, M.G.H.SS., t. XIX, p. #30, n'indique parmi les conjurés aucun seigneur sicilien.
2, Les noms des conjurés nous sont fournis par Romuald de Salerne, M.G.H.SS., t. XIX, p. #30, et Falcand, op. cit., pp. 29 et 30.
3. Roger de Tricarico était fils de Robert comte de Caserte, Falcand, op. cit. p. 130, et frère de Guillaume de Caserte (Archives de la Cava, L. 23) et de Richard (Archives de la Cava, 1, 21, et Necrol. Sal., dans Forschungen, t. XVIII, p. 475). Nous ne savons s’il était apparenté à Geoffroi, comte de Tricarico, mentionné en 1143, n. s., novembre, Ughelli, t. VI, pp. 96 et 97. Roger était cousin de Guillaume de San Severino (Falcand, op. cit., p. 131), celui-ci descendait de Trogisius, dont le fils, Roger, est mentionné comme comte de San Severino de 1081 à 1121 (Archives de la Cava, B. 18, B. 23, B. 29, E. 23, F. 18). Dès 1125, Roger avait pour successeur son fils, Henri, père de Guillaume (Archives de la Cava, F. 36 et L. 18). Avant Robert de Caserte, nous connaissons Geoffroi de Caserte, fils de Siconolf, mentionné en 1092, di Meo, op. cit., t. VIIT, ad an. 1992, n° 7.
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à leur cause plusieurs des cités les plus importantes !. Melfi se révolta ouvertement et refusa d’obéir aux officiers royaux ; les gens de Salerne s’entendirent avec les comtes rebelles, qui surent se créer des intelligences dans la ville de Naples. En même temps, des émissaires des révoltés cherchaient à détacher de la cause royale les populations de la Calabre qui jusque-là s'étaient toujours montrées fidèles au roi ?.
A en croire Falcand, le but que poursuivaient les conjurés était fort respectable ; ils voulaient seulement délivrer le roi du danger auquel l’éxposait la confiance aveugle qu'il avait en son ministre Ÿ. D’après eux, en effet, Maion trahissait son maître et rêvait d'usurper la couronne. Grâce à l'appui de la reine dont 1l aurait été l'amant, le ministre ambitieux était déjà en possession
des insignes royaux et n’attendait plus pour renverser son maître que le consentement du pape Alexandre III. Un notaire de la chancellerie royale, Mathieu d’Ajello, avait été chargé par Maion de remettre au pape une grosse somme d'argent et d'obtenir en échange qu'Alcxandre lui donnât la couronne comme un de ses prédécesseurs l'avait donnée à Pépin #. Tout le monde, au dire de Falcand, aurait été au courant de ces projets de Maion, mais
nul n'osait, par crainte du ministre, en donner avis au roi. Que faut-il penser de ces accusations ? La conduite de Guillaume [° après l'assassinat de son ministre les réduit à néant. Comment, en effet, admettre que le roi n'ait pas ouvert les yeux quand on lui eut montré les soi-disant preuves de la trahison de son ministre?. Or, au témoignage même de Falcand, Guillaume [°' demeura inconsolable de la perte de son favori. Bien plus, 1l ressort clairement de Falcand lui-même que les conjurés n’en voulaient pas seulement à Maion, mais encore au roi. Les uns voulaient qu'il fût assassiné, les autres, qu'il fût enfermé dans un couvent ou déporté dans une île. On voit par là combien sont inexacts tous les prétextes invoqués par les adversaires de Maion
4. Romuald de Salerne, M.G.H.SS., t. XIX, p. 430. Falcand, op. cüit., pp. 29-31.