Liber Pontificalis, t. II, pp. 313 et
assez large, non pas à leur mauvaise foi, car ils étaient convaincus, mais à leur partialité.
Le cardinal Pierleoni avait fait son éducation à Paris, et pris
ensuite l’habit ecclésiastique à Cluny. Etant revenu à Rome, 1l
fut créé par Paschal IT cardinal du titre des saints Cosme et Damien ; il accompagna Gélase II en France, reçut de Calixte I le titre de cardinal prêtre de Santa Maria in Trastevere: et fut envoyé comme légat en France et en Angleterre !. Les hautes situations occupées sous différents papes sont un sûr garant de la valeur du cardinal Pierleoni, qui Jouissait d’une grande popularité auprès du peuple de Rome et avait pour lui presque toute la noblesse. Le cardinal Pierleoni désirait la tiare, c’est un fait certain. À ses prétentions s’opposait le parti des Frangipant, ayant à sa tête Aimeri, cardinal diacre du titre de Santa Maria Novella.
Dès qu'Honorius II tomba malade, Aimeri chercha à assurer l'élection future à un candidat de son choix ?. Le pape fut transporté au monastère de Saint-André sur le Coelius, c’est-à-dire dans une partie de la ville qui était aux mains des Frangipani. Il est certain qu'Aimeri tenait à pouvoir, quand elle arriverait, cacher la mort du pape afin de prendre, pour l'élection de son successeur, les mesures qu'il croirait utiles. Une fois en possession du pape moribond, Aimeri, contrairement aux canons ecclésiastiques, réunit les cardinaux au monastère de Saint-André pour préparer la future élection (11 février). Le sacré collège commença par lancer « l’anathème contre ceux qui procéderaient à l'élection avant les obsèques d'Honorius » ?. Le lendemain, on nomma une commission de huit membres composée de cardinaux de chaque ordre, à laquelle il appartiendrait de choisir le successeur d'Honorius. En cas de division, cette commission devait s'adjoindre quelques autres cardinaux. On décida finalement que l'assemblée se tiendrait dans l’église de Saint-Adrien, si les postes fortifiés des alentours étaient remis aux cardinaux. Il faut évidemment voir là une mesure proposée par les Pierleoni, qui durent
. Gregorovius, op. cit., t. If, p. 466.
. Ibid., p. 467, Vacandard, op. cüt., t. I, p. 280 et suiv. . Vacandard, loc. cit.