Falcand, op. cüit., pp
3, Id, p 10
Après le départ de Gilbert, l'influence prépondérante dans le conseil fut celle du comte de Molise, qui, malgré ses nouveaux titres, avait conservé la charge de connétable. Reconnaissante de l'appui qu'il lui a donné contre le comte de Gravina, la régente donne à Richard de Mandra la première place au conseil. Le nouveau favori est soutenu par tous les évêques qui reprennent bientôt leurs intrigues pour faire éloigner de la cour l'élu de Syracuse. On se rappelle que pour atteindre leur but, les adversaires de Richard Palmer avaient sollicité Jean de Naples d'intervenir auprès d'Alexandre IT. Le cardinal, dont les allées et venues entre Rome et Palerme étaient fréquentes, rendit le service qui lui avait été demandé, et, un Jour où 1l avait une audience de la reine, il annonça que le pape ordonnait à tous les évêques élus de Sicile, dont la consécration appartenait au souverain ponüfe, de se rendre à Rome pour y être consacrés. Il ajouta que le pape lui donnait pleins pouvoirs pour fixer le délai dans lequel les évêques étaient tenus d'obéir. Richard Palmer, directement mis en cause, répondit qu'il était tout disposé à obéir au pape, mais qu'il s'en tiendrait à la teneur même des lettres pontificales
où aucun délai n’était prévu, et qu'il irait à Rome quand cela lui Î
conviendrait. Il ajouta que le cardinal n'avait pas le droit de fixer l'époque de son voyage !. L'ordre donné par le cardinal Jean de Naples constituait, en effet, une violation flagrante du traité de Bénévent et portait une grave atteinte aux prérogatives du roi de Sicile ?. Richard Palmer n’eut pas de peine à montrer au comte de Molise qu’il laissait créer un précédent qui serait exploité plus tard contre l'autorité du roi, Comme, d'autre part, la reine ne tenait pas beaucoup à donner satisfaction aux ennemis de l'élu de Syracuse, on décida de maintenir les droits de la couronne. Aussi quand, au bout de quelques jours, le cardinal revint à la charge, le comte de Molise s'éleva contre les prétentions injustifiées du pape et la reine donna à l'élu de Syracuse l'ordre de demeurer à la cour *.