‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 301 sur 742 · Ibn Khaldoun, B.A.S., t. IT, p. 166 et p · texte numérisé non relu

Ibn Khaldoun, B.A.S., t. IT, p. 166 et p

semble que l'identification du gait Pierre avec Achmet, proposée par Amari, soit fort vraisemblable !.

Dès qu'il fut connu, le départ du gait causa à Palerme une grosse émotion; la rumeur populaire bien vite amplifia les faits et l’on raconta que le gait avait non seulement emporté une grosse somme d'argent, mais aussi les insignes de la royauté. Ces racontars furent démentis par la reine qui assura que le grand chambrier n'avait pas touché au trésor royal et n'avait emporté que ce qui lui appartenait. Néanmoins la fuite de Pierre jeta quelque trouble dans son parti et donna plus d'audace à ses adversaires. Dans une réunion au palais, le comte de Gravina s'éleva violemment contre la reine et lui reprocha d’avoir commis l'imprudence de conlier le trésor royal à un esclave musulman qui avait déjà trahi quand il avait commandé la flotte. Le comte

de Molise prit la défense de la reine et reprocha au comte de

Gravina d’avoir, par ses menaces, obligé le gait à s'enfuir. Il ajouta que l’on ne pouvait reprocher au grand chambrier d'être esclave, puisque le feu roi l'avait affranchi et termina en proposant de prouver par un combat singulier qu'aucune trahison n'avait été commise. La scène entre Gilbert et Richard fut excessivement violente ; 1l fallut l'intervention de la reine et de ses conseillers pour réconcilier les deux hommes, qui ne se pardonnèrent d'ailleurs jamais les injures échangées ?.

Les violences du comte de Gravina décidèrent la régente à l'éloigner de la cour. On trouva dans les préparatifs que faisaient alors Frédéric [*' pour une expédition en Italie, un prétexte honorable pour inviter Gilbert à retourner en Pouille afin d'y prendre le commandement de l'armée royale. A cette occasion, Marguerite confirma à son cousin sa charge de catépan de la Pouille et de la Terre de Labour. Le comte de Gravina se rendit compte qu'il ne pouvait rien contre l'hostilité générale de la cour, et se décida à partir; 1l emmena avec lui son fils Bertrand que la reine avait récemment créé comte d'Andria 3.

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