‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 304 sur 742 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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Sur ces entrefaites, dans le courant de l'été 1166 !, arriva à Palerme, Étienne, fils du comte du Perche, que la lettre de Marguerite à son oncle l'archevêque de Rouen avait décidé à venir en Sicile. Étienne, à la tête d’une suite de trente-sept personnes ?, était parti pour courir le monde; il s'était dirigé vers la Sicile, mais ne semble pas avoir eu l'intention de s’y fixer. Il paraît, au contraire, avoir au début de son voyage songé à se rendre en Terre-Sante et ne s'être proposé que de passer quelque temps à la cour de Palerme *. En traversant l'Italie méridionale, Etienne s'arrêta quelques jours chez son neveu, le comte de Gravina. Quand il arriva à Palerme, Étienne fut reçu par la régente avec des honneurs extraordinaires. La reine envoya à sa rencontre les familiers de la cour, les évêques, les chevaliers qui lui firent escorte jusqu'au palais où l'accueil le plus bienveillant et le plus flatteur l’attendait. En le présentant

à la cour, Marguerite rappela les services rendus à son père, le roi de Navarre, par le père d'Etienne “et déclara qu’elle entendait

Falcand, op. cit., p. 109.

2. Pierre de Blois, Epist., n° 134, Migne, P.L., t. 207. 3-+KRalcand; :0p.:ci£ p.110.

. 1d., pps 109-110; Guillaume de Tyr, Le XX,/8, fait d'Élienne du Perche le frère de Rotrou III, d'où l’on a conclu qu'Étienne était fils de Rotrou Il et de Haroise. D'après Hugues Falcand, p. 109, Étienne aurait été le cousin germain de la reine Marguerite, et le fils du comte du Perche, oncle de la mère de la régente, cf. Bry, Histoire des pays et comté du Perche el duché d'Alençon (Paris, 1620) in-#, p. 201 et suiv., il s’agit donc également ici de Rotrou IT. Bréquigny, dans les Mémoires de l’Académie des inscriplions, t. XLI (1780), p. 622 et suiv., se basant sur une lettre de Louis VII à Guillaume IT, où Ptienne est rats de caro et sanguis noster, etsur le fait que, à la cour de Palerme, on regardait comme fausse la parenté de la régente avec le chancelier, à émis Th pothèse qu ‘Étienne serait le fils non pas de Rotrou IT, mais de Robert, frère de Louis VIT, qui, après la mort de Rotrou IT, épousa sa veuve Haroise. Cette hypothèse est satisfaisante en ce sens qu'elle explique les termes de la lettre de Louis VIT et concorde mieux avec le terme d’adolescens et de puer dont se servent Falcand et Guillaume de Tyr en parlant d'Étienne du Perche, car Rotroull, étant mort en 1143, on ne saurait, en 1167, qualifier de puer ei d’ Ab lcsdens un fils qui aurait eu près de 25 ans. Par contre, aucun document ne prouve que du mariage de Robert avec Haroise soit issu un fils. Actuellement la question est donc insoluble et l’on ne peut pas sortir du domaine de l'hypothèse. La Lumia, S{oria della Sicilia sotto Guglielmo il Bono, p. 74, note, a combattu l'opinion de Bréquigny.

traiter son cousin comme un frère !, Les instances de la régente décidèrent Étienne à renoncer à ses projets de voyage et à demeurer à la cour où la reine lui promettait pour lui et ses compagnons des honneurs et des richesses.

Les promesses de la régente furent bientôt suivies d'exécution, et, dès le mois de novembre1166 ?, nous voyons qu'Étienne, malgré son Jeune âge, avait été nommé chancelier du royaume. Un de ses compagnons, Pierre de Blois, partagea avec Gautier Ophamil, la charge de précepteur du jeune roi; Pierre fut également nommé sigillarius, et nous savons qu'il se vantait plus tard de l'influence qu'il avait exercée alors qu'il était le premier personnage de l’État après la reine et le chancelier. Nous ignorons le sort fait aux autres personnes qui avaient suivi le nouveau chancelier, mais il est certain que toutes elles reçurent des honneurs ; il est probable que la plupart d’entre elles demeurèrent attachées à la personne d'Étienne, comme cechanoine de Chartres, Eudes Quarrel, dont nous parle Falcand, qui promit au chancelier de rester deux années avec lui pour lui donner le temps de connaître le milieu où 1l était appelé à vivre #. Nous savons enfin qu'un autre compagnon d'Étienne, Guillaume, frère de Pierre de Blois, candidat malheureux au siège de Catane, lors de l'élection de Jean, frère de Mathieu d’Ajello?, fut, plus tard, nommé abbé du monastère de Santa Maria di Maniaco f, fondé par la régente.

1e Falcand, op. cit., p. 109-110.

>. Berne Op CU no Pierre de Blois, Epist., n° 66, Migne, P.L., t. 207, col. 193. D'après celte lettre, Pierre de Blois ne dut pas être nommé précepteur de Guillaume Il avant 1167.

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