Garuf, op.cit., p. 183 ; cf. Kehr, op. cit., p
&. Falcand, op. cit., pp. 112-113.
Do did;-p: 113.
£ er i ü Lu GOUVERNEMENT D ETIENNE DU PERCHE SL)
Ceux-ci furent naturellement très mécontents de cette mesure qui diminuait leurs profits. En outre, comme le coupable était parent de Mathieu d'Ajello, ce dernier et tous ses partisans commencèrent à faire à Étienne une sourde opposition. Ainsi le chancelier s’aliéna d’un seul coup tous les fonctionnaires placés sous ses ordres. ;
Falcand nous parle ensuite des mesures prises par Étienne du Perche pour mettre fin aux exactions des fonctionnaires locaux et les obliger à rendre à tout le monde une justice égale !. Nous manquons de détails sur ces réformes ; toutefois, il me semble que l’on doive attribuer à Étienne l'une des Constitutions qui nous sont parvenues. Les manuscrits des Constitutions attribuent tantôt à Guillaume [°", tantôt à Guillaume II, tantôt au roi Roger, la Consttution qui enlève aux baillis le pouvoir d’administrer les biens des églises vacantes et décide qu'à la mort de l’archevêque ou de l'évêque, on doit nommer trois sages et discrètes personnes de l’église, lesquelles seront chargées de l'administration des biens de l’église et tenues d’en rendre compte au nouveau pasteur ?. Cette Constitution est certainement de Guillaume IT et doit être rangée parmi les mesures prises par Etienne pour remédier aux abus de l'administration locale. En effet, à la date du 15 mars 1167, cette Constitution est notifiée à l'archevêque de Trani, par un mandement de la régente %. Il semble donc que l’on puisse dire que les réformes apportées par Étienne ont eu pour but de diminuer l'importance des attributions des fonctionnaires locaux. Cette opinion me paraît confirmée par le fait que les mesures prises par le chancelier eurent pour effet de faire affluer les affaires à la cour de Palerme *. Ces réformes, si elles furent mal vues des fonctionnaires, furent au contraire très favorablement accueillies par les populations du royaume qui voyaient la justice mise à l'abri des influences locales. Le chancelier devint dès lors, nous dit Falcand, l'idole du peuple qui le regardait comme un ange envoyé par Dieu pour faire régner l’âge d’or.
Falcand, op eit. p.449:
Const., éd. Huillard-Bréholles, I, 31, p. 140. Prologo, op. cit., pp. 128-129.
Falcand, ‘op. cit., p: 114:
Nous devons maintenant parler d'une affaire dont les conséquences devaient être très importantes pour Étienne du Perche, car l’attiude qu'il prit lui aliéna toute la population musulmane de la Sicile, et en particulier celle de Palerme. Les faits que je vais raconter doivent être d'octobre ou de novembre 1167. Nous
verrons, en elfet, Etienne agir.en tant qu'archevêque de Palerme,
or, comme on l'a vu, d'après les actes que nous possédons, Étienne n'a été archevêque qu'en octobre ou novembre 1167. D'autre part, d’après Falcand, l'affaire avait reçu sa solution avant le départ de la cour pour Messine, en décembre 1167 !. Plusieurs habitants de Palerme, voyant que le chancelier était incorruptble, le saisirent d'une plainte contre diverses personnes d’origine musulmane, que l’on accusait d’être retournées à l'islamisme après s'être converties au christianisme. Les accusés étaient des personnages importants, très protégés par des ofliciers du palais, notamment par les eunuques, dont l'appui leur avait pendant longtemps assuré l'impunité. Le principal accusé était un certain Robert de Calataboïano dont nous avons déjà parlé à propos du règne de Guillaume If", Robert paraît avoir été un assez vilain personnage, dont la moralité n'était même pas douteuse. Il tenait en commandite avec un certain nombre de cabaretiers de Palerme une maison où les Musulmans étaient certains de rencontrer des femmes et des jeunes garçons chrétiens. On accusait, en outre, Robert d'une foule de violences et l’on ajoutait qu'il avait, à ses frais, fait rebâtir une mosquée dans le château qui commandait le port, château dont il avait la garde ?. À sa décharge, on doit dire que Robert avait été l'agent du gait Pierre qui s'était servi de lui pour l'exécution de besognes assez louches *. Quand l'affaire commença, Robert, comptant sur les amis qu'il avait parmi les fonctionnaires du palais, essaya d'étouffer les réclamations. Ses partisans, enchantés de faire pièce au chancelier, obtinrent de la reine qu'elle demandât à Etienne d'arrêter les poursuites. Le chancelier se trouva par
4. Falcand, op. cit., p. 114, indique qu’au moment où l'affaire éclata, l'élection d'Étienne avait déjà été confirmée par le pape.