Falcand, op. cit., p
da 10; p.00:
suite dans une situation très fausse : il lui fallait, ou désobéir à la reine, ou risquer de perdre sa popularité en arrètant le cours de la justice. La situation se compliquait du fait que certains des délits reprochés à Robert de Calataboïano, tels que les crimes d'adultère et d'apostasie, relevaient du chancelier en tant qu'archevêque de Palerme !. Il semble qu'Étienne ait été très embarrassé sur la conduite à tenir, et se soit finalement décidé à solliciter l'avis d'Alexandre III. Nous possédons en effet une lettre du pape non datée et adressée à l'archevêque de Palerme qui l'avait consulté sur ce qu'il convenait de faire vis-à-vis des Musulmans accusés d’avoir enlevé des femmes et des jeunes garçons chrétiens ?. Il me parait presque certain que cette lettre d'Alexandre III a rapport à l'affaire de Robert de Calataboïano. Nous voyons d'ailleurs qu'Étienne agit dans le sens des instructions données par le pape, et évoqua devant lui l'affaire, malgré l'opposition de la régente. Le principal coupable fut condamné à être emprisonné et à perdre ses biens. Il fut, en outre, promené sur un âne à travers les rues de la capitale, au milieu des injures de la populace, maintenue à grand peine par les hommes d'armes *.
La condamnation de Robert de Calataboïano valut au chancelier un regain de popularité, notamment parmi les Lombards qui avaient eu le plus à se plaindre des exactions du condamné ; mais, aussi, elle lui mérita la haine des Musulmans dont le fanatisme religieux fut surexcité. Parmi ses ennemis les plus acharnés, le chancelier compta désormais les fonctionnaires musulmans et les eunuques. Ce fut en vain qu’'Étienne témoigna beaucoup de faveur à un certain Siddik, notable musulman; les chefs du
4." Cf: Siragusa, op: cit, :t, D, p. xxx; Ughelli, t. VII, p. 300. Cf. Gregorio, op. cit., 1. II, c. 8; Huillard-Bréholles, op. cül., L. IV, p. 40, note. Siragusa prétend que le privilège de juger les cas d’adultère a été accordé au clergé avant Guillaume IT. L'exemple qu'il cite prouve simplement que la constitution est antérieure à 1172, mais rien ne prouve qu'elle soit antérieure à 1166. Le cas de Robert de Calataboiano permet d'établir que la constitution est antérieure à 4467, mais on ne peut dire si elle est antérieure à Guillaume IT.