Falcand, op. cit., p
gence dont il avait fait preuve. À peine était-il revenu à Palerme qu'il fut informé qu'un nouveau complot se tramait contre Jui. Mathieu d'Ajello, le gait Richard et l'évêque de Girgenti, sachant qu'Étienne du Perche connaissait le rôle qu'ils avaient joué dans la dernière conjuration, craignirent qu'il n'eut différé sa vengeance que pour mieux les frapper, ils se décidèrent donc à prendre les devants et à profiter de l’absence du comte de Gravina pour faire assassiner le chancelier dès l'arrivée de la cour à Palerme. Les conjurés s'assurèrent le concours du comte de Geraci et d'autres seigneurs de la Calabre. On fixa au dimanche des Rameaux l'exécution de ce projet, Étienne du Perche devait être frappé à la sortie du palais, tandis que, suivant l'usage, il accompagnerait le roi.
D’après le récit de Falcand, il semble que les conjurés aient tout préparé pendant que la cour était encore à Messine. Nous voyons en effet, qu'ils renouèrent les fils du précédent complot, et quils s'assurèrent des concours, non seulement parmi la population de Palerme, mais encore parmi celle de diverses villes. Pour exciter l'opinion publique contre le chancelier, on répandit le bruit qu'il se proposait d'apporter de profondes modifications aux usages établis. Comme preuve des intentions d'Étienne, on citait l'exemple de l'un des Français à son service, Jean de Lavardin, qui avait prétendu exiger des habitants des oppida de son fief la moitié de leur récolte. Ceux-ci protestèrent en disant que c'était là un acte contraire aux usages de la Sicile, où seuls les Grecs et les Musulmans étaient tenus de payer chaque année à leur seigneur des redevances et des rentes. D'après le droit en usage, les habitants des villes et des oppida ne devaient à leur seigneur ni redevances, ni impôts, mais étaient seulement tenus, en certains cas, de lui payer une somme qu'ils fixaient eux-mêmes. Les termes employés par Falcand me paraissent désigner l'adjutorium dont nous parlons ailleurs. Le chancelier fut saisi de la plainte des vassaux de Jean de Lavardin, et, malgré les sages conseils de son entourage, 1] donna raison au seigneur !. Cette affaire parait avoir eu