Falcand, op. cil., p. 158-159 ; Romuald, loc. cit
Après quelques pourparlers, un accord fut conclu sur les bases suivantes. Le chancelier et ceux d’entre ses fidèles qu'il choisiraït seraient conduits en Terre-Sainte sur une galère du roi; les autres Français à son service seraient rapatriés. Étienne exigea, en outre, qu'aucune représaille ne fut exercée contre la vie ou les biens des seigneurs du royaume qui avaient pris son parti, et que les chevaliers mercenaires qui l'avaient soutenu pussent à leur gré, soit demeurer au service du roi, soit quitter librement le royaume. L'exécution du traité fut garantie par Richard Palmer, Mathieu d’Ajello, Jean de Malte et Romuald de Salerne. On voit par là qu'une haine commune avait réuni tous les ennemis de la veille f,
Pendant la nuit, une galère fut préparée, et dès le matin, le chancelier et quelques-uns de ses compagnons furent embarqués en dehors de la ville, près du cap Gallo. Au moment du départ, un nouvel incident se produisit. On avait oublié, lors des négociations, de demander à Étienne du Perche de renoncer à sa dignité d'archevêque de Palerme; lors de l’embarquement, une délégation des chanoines de la cathédrale vint prier le chancelier de donner sa démission d’archevêque, pour permettre au chapitre de procéder à l'élection d’un nouveau titulaire. Étienne commença
1. A quelle date convient-il de placer le départ d'Étienne du Perche ? Un passage de Falcand, op. cit., p. 155, montre qu'avant le moment fixé pour l'entrée en campagne, les moissons étaient déjà faites. Nous sommes donc autorisés à placer l’émeute de Palerme pendant l'été 1168. Guillaume de Tyr, XX, 3, dans ist. occid. des croisades, t. I, p. 945, dit qu'Étienne arriva en Terre-Sainte pendant l'été. Nous possédons deux diplômes royaux donnés par Étienne, qui peut-être se rapportent à l'été 1168, ce sont les numéros 177 et 235 du Regeste de Behring. Malheureusement, les indications chronologiques fournies par les éditeurs sont inexactes cbun, Behring, open 17%; Uehelll, op. ct, t, VIT, p.793, est daté du mois de juin 1170, 15° année du règne, indiction HI ; peut-être faut-il corriger la date en 1168, IIIe année du règne (II au lieu de XV), indiction I. Le second vidimé dans un acte de Charles I*7 d'Anjou (del Giudice, op. cil., p. xxv-xxvn) est rapporté fort inexactement. Le nom de la régente ne figure pas à côté de celui du roi dans la suscription; le diplôme est daté d'août 1189, 23° année du règne, indiction VI, peut-être la date doit-elle être corrigée en 1168, ITf° année du règne, indiction I. Kehr, op. cil., p. 18, note 6, pp. 55 et 86 admet l'authenticité de ces diplômes.
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par refuser, malgré les prières des familiers de la cour. Aussitôt un grand tumulte s'élève dans la foule assemblée ; on accuse le chancelier de vouloir revenir bientôt; on profère contre lui de telles menaces qu'il finit par consentir à ce qu'on exige de lui. Soit intentionnellement, soit par hasard, le vaisseau qui emporta le chancelier était en si mauvais état qu'il faillit couler. L'évêque de Malte, qui avait été chargé d'accompagner Étienne, dut donner l'ordre de faire relâche à Licata, où le chancelier acheta un vaisseau génois qui le conduisit en Terre-Sainte !.
Les Français du parti d'Étienne furent gardés en prison Jusqu'à ce que tout fut préparé pour leur départ. Sur trente-sept personnes qui étaient arrivées avec Étienne du Perche, deux seulement avaient échappé à la mort, Pierre de Blois et un certain Roger. Les prisonniers ne comprenaient donc que les Français appelés en Sicile postérieurement à l'élévation d'Étienne du Perche. Ce fut sans regret que les compagnons du chancelier quittèrent la Sicile qui leur avait été si imhospitalière. Pierre de Blois, qui avait occupé une des premières places, nous a laissé de curieux détails à ce sujet. Malade au moment où les troubles éclatèrent, Pierre fut confié par le jeune roi, son élève, à Romuald de Salerne?; dès qu'il fut rétabli, Pierre ne songea plus qu’à abandonner la Sicile, ce pays, où en dehors des violences des habitants, on a à redouter les montagnes qui crachent un feu infernal. Malgré les prières du roi, qui tenait à le garder auprès de lui, Pierre s'embarqua avec quarante autres Français sur un navire pris aux Génois. La traversée fut heureuse et bientôt Pierre put oublier ses mésaventures en buvant l'excellent vin de Blois qu'il préférait de beaucoup aux vins âcres de Sicile #. Il garda de l’île et de ses habitants un souvenir odieux et ce fut avec une terreur comique quil refusa quelques années plus tard de retourner en Sicile comme l'y conviait Richard Palmer ?.
La coalition qui força Etienne du Perche à quitter la Sicile,