LES REBELLES AU POUVOIR
fut la conséquence logique des tentatives de l'aristocratie, si souvent renouvelées, pour triompher de l'autorité royale. La haine des étrangers réunit tous les partis qui jusque-là s'étaient disputés le’ pouvoir. Commencée à Messine par le peuple et l'a aristocratie, la révolution, continuée à Palerme par le clergé et les fonctionnaires, enleva presque totalement, pendant quelque temps, l'exercice du pouvoir à la régente. Nous savons, en effet, par Falcand, que peu après le départ du chancelier, on vit arriver à Palerme, avec vingt-trois galères, le comte de Montescaglioso et le comte de Molise, qui instituèrent auprès de Marguerite un conseil composé de dix familiers : Richard Palmer, Gentil, évêque de Girgenti, auquel on avait rendu la liberté, Romuald de Salerne, Jean, évêque de Malte, Roger, comte de Geraci, Richard, comte de Molise, Henri, comte de Montescaglioso, Mathieu d'Ajello, le gait Richard, Gautier, doven de Girgenti et précepteur du roi !.
Quelles fonctions s’arrogea ce décemvirat, nous ne pouvons le dire avec précision ; il semble toutefois que ces dix familiers ont pendant quelque temps exercé le pouvoir, à la grande indignation de la reine Marguerite. Sans doute, le nom de la régente figure bien dans les actes à côté de celui de Guillaume II, mais, il semble que ce soit là une pure formule ; les diplômes sont donnés par la main des familiers du roi. C’est ainsi qu'en février 1169?, nous relevons les noms de Gautier Ophamil, de Richard Palmer, de Gentil, de Richard de Molise, du gait Richard et du gait Martin. En mai de la même année, nous trouvons Gautier, Gentil, Mathieu d'Ajello, Richard de Molise, les gaits Martin et Richard. Nous voyons que le nom du comte de Montescaglioso ne figure pas sur les documents qui nous sont parvenus, tandis que nous relevons le nom du gait Martin que Falcand ne mentionne pas dans la liste des dix familiers qu'il nous a donnée.
Les familiers du roi paraissent exercer le pouvoir; c'est ainsi