‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 341 sur 742 · EN OCCIDENT · texte numérisé non relu

EN OCCIDENT

Les troubles et les intrigues qui agitèrent la cour normande, pendant la minorité de Guillaume IT, ne paraissent pas avoir influé sur la direction générale de la politique extérieure de la Sicile. L'orientation donnée par Guillaume I et Maion aux affaires extérieures correspondait trop bien aux véritables inté-

rêts du royaume pour qu'on songeàt à adopter une autre ligne politique. Aussi, voyons-nous les divers personnages, auxquels incomba successivement la direction des affaires, se garder d’apporter aucun changement à la ligne de conduite suivie, et demeurer fidèles à l'attitude adoptée, depuis le traité de Bénévent, par le père de Guillaume II. Pour résister à l’empereur allemand, auquel l’ordre rétabli dans ses États permettait d'in-

tervenir plus activement en Italie, Guillaume II demeura résolument attaché à l'alliance pontificale qui, déjà, lui avait valu de si grands et de si sérieux avantages.

Nous avons vu plus haut que Guillaume 1°", peu avant sa mort, avait fait remettre au pape une somme importante par l'entremise du cardinal Jean de Naples !. La régente continua à donner à Alexandre III une assistance pécuniaire dont celui-ci avait grand besoin, car, pour maintenir attachés à sa personne et à sa cause le Sénat et le peuple de Rome, ilétait obligé de distribuer fréquemment des subsides?. Une lettre de Jean de Salis-

1. Jean de Salisbury, £pist., n° 145, dans Migne, P.L., t. 199, col. 138.

2. Dans sa lettre à Henri, archevèque de Reims, Jaffé-L., 11240, et R.H.G., XV, 847, Alexandre III s'exprime ainsi : « Mullis el gravissimis quolidie, urgemur expensis el immoderalis oneribus aggravamur ». Il demande de l'argent : « quod nulla ratione opportunius effici posse videmus quam si urbem in fidelitale beati Petri el nostra servare poterimus. » Cf. Vita Alexandri IL, dans Lib. Pont., t. I, p. 1% : « Et quia Roma si emptorem inveniret se venalem preberel ».

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