NÉGOCIATIONS DE MANUEL COMNÈNE AVEC GÈNES
de ses rapports avec la Sicile. Dans ses relations avec Guillaume II le pape a toujours fait preuve d'une très grande droiture. De même que, plus tard, il refusera de traiter avee Barberousse sans son allié le roi de Sicile, de même, fort probablement, il a dû refuser de traiter avec Manuel Comnène sans le consentement de Guillaume IT. ‘Très vraisemblablement, ce dernier, une fois le projet de mariage rompu, se sera montré peu soucieux de voir le basileus s'installer en Italie. A cet égard, la politique très active de Manuel devait causer à la cour de Palerme une réelle inquiétude. Pendant les années dont nous nous OCCUPONS, les efforts de l'empereur grec pour reprendre pied en Italie ont redoublé. En 1167, nous trouvons des ambassadeurs byzantins à Venise !; peu après, nous voyons l'empereur fournir des subsides aux Milanais pour rebâtir leur ville ?. Vers la même époque, le basileus négocie avec Pise? et Gênes #. Le traité signé, en 1169, avec Gènes nous indique clairement quelles sont les vues de Manuel sur l'Italie. La république de Gênes « s'engage à ne faire aucune entreprise contre l'empire grec soit pour son propre compte, soit pour celui d'aucun personnage couronné ou non, elle promet même de travailler à faire échouer toute attaque dirigée contre un point du territoire de L'empire: enfin, au cas où Manuel se trouverait en guerre avec un personnage couronné où non, et Jugerait utile de diriger sur Gènes des convois d'or, des navires ou des troupes, elle s’oblige à agir en puissance amie ». En échange, divers privilèges commerciaux étaient accordés à la république ?. Le personnage couronné dont il est question est certainement Barberousse.
1. Ann. Venelici breves, dans M.G.H.SS., t. MIND HE" CE Vignali, sie della lega lombarda, P: 143.
. Nikétas Choniatès, VII, 1, p. 261.
. Les envoyés pisans Rae le 13 mai 1169, un traité avec Raguse, Monumenta su. historiam Slavorum meridionalium, éd. Ljubic (Zagrab, 1868), €. [, p. 10, allèrent à Se et revinrent à Pise, le 9 novembre TA “Anal + MGHSS;, 4. :XIX, p. 262; cf. Miklosich ct Müller, Acta, L. pa p: 43.
. Oberti Annales, dans M.G.H.SS. t. XVIIL,, p. 78. Cf. Atti della soc. A tal: D 399 Début Giorn. lig. (1874), p. 148, et Heyd, op. cit., de : p. 205.
5. Lib. Jur.,t. 1, pp. 252-255. Ce traité fut complété en 1170, Desimoni,
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De 1167 à 1170, iln'y a pas eu de grandes modifications dans la situation politique de l'Italie. LE royaume de Sicile, la papauté et l'empire grec soutiennent la ligue lombarde. Gênes, alliée à l'empire grec, est en mauvais termes avec Guillaume II !. D'importants changements se produisirent pendant les années suivantes, car les diverses ambitions en présence, en se heurtant sans cesse, détruisirent l'union qui s'était momentanément établie.
Nous ne savons pas quel fut le résultat de la mission envoyée à Constantinople par Alexandre IT, au début de 1168 ; nous constatons toutefois que, malgré le refus du pape d'entrer dans ses vues, Manuel Comnène demeura en bons termes avec Alexandre. in 1170, en effet, le pape pendant son séjour à Veroli « scella l'alliance des Byzantins avec les Guelfes », en présidant au mariage d'Otton Frangipani avec une nièce de Manuel ?. Ce dernier a certainement eu pour but de s'assurer à Rome l'appui de la puissante famille des Frangipani, et Alexa ndre IIT, en se montrant nettement favorable aux projets impériaux, témoigna de l'importance qu'il attachait à l'appui prêté par l'empereur grec à la ligue lombarde. De même, en 1171, le pape, à diverses reprises, s'inquiète des bruits répandus relativement au mariage du fils de Frédéric Barberousse avec une fille du roi de France et éerit à l'archevêque de Reims pour l'inviter à détourner Louis VII de ce
projet et lui conseiller de faire épouser sa fille au fils de Manuel
Comnène *.
Vers la même époque, le basileus se rapproche de la Sicile et recherche l'alliance de Guillaume II. Manuel venait alors de rompre avec les Vénitiens qui, menacés en Dalmatie “et en
Memoria sui quartieri dei Genovesi a Constantinopoli nel secolo XIT, dans Giorn. lig. (1874), p. 178 et suiv. Le traité fut modifié en 1170, les Génois s'étant refusés à accepter les subsides offerts par Manuel pour les décider à entreprendre des armements contre Frédéric Barberousse. Cf. Heyd, op: citt. lp. 210et sur.