‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 373 sur 742 · Cf. infra, p · texte numérisé non relu

Cf. infra, p

2. Amari, Sur la data degli sponsali di Arrigo VI, etc., p. # etsuiv., rapporte une lettre de Hartwig où est émise cette hypothèse, qui ne fait d’ailleurs que reproduire l'opinion de Prutz, op. Cut TP D TÈE

envoie sa flotte en Orient, et la politique de conquêtes qu'il inaugure en 1174 il la poursuivra jusqu'à la fin de sa vie. Il rêvera tour à tour de conquérir l'empire d'Orient et de s’ériger en protecteur des chrétiens de Terre-Sainte. Plus tard, au moment où la mort viendra le frapper, nous le verrons faire des prépa atifs considérables pour la croisade dont il a offert de prendre le commandement. Guillaume II a done complètement abandonné la politique inaugurée par son père, et est revenu aux idées de Guiscard et de Roger II. Pour poursuivre la réalisation de ses projets de conquêtes lointaines, Guillaume Il avait besoin de transformer en une paix durable la trève qu'il avait conclue à Venise avec l’empereur d'Allemagne. Or, précisément vers le moment où durent commencer les négociations, le traité de Constance ! laissait le roi de Sicile seul en face de l'empereur. Guillaume IT, qui, à cette époque, organisait l'expédition qu'il comptait envoyer à la conquête de l'empire grec, dut être heureux de l'offre de Barberousse qui assurait à ses États la tranquillité dont il avait besoin pour l'exécution de ses projets. Peut-être même Barberousse encougea-t-il les rêves du roi de Sicile. L'empereur, en effet, n'avait point pardonné aux Byzantins leurs efforts pour rallumer la guerre en Italie après la paix de Venise et était heureux de lancer les Normands à l'attaque de l'empire grec si profondément troublé depuis la mort de Manuel Comnène. Une chronique paraît, en effet, indiquer que le mariage de Constance fut particulièrement désagréable aux Byzantins ?. Quoi qu'il en soit, il me semble que le motif déterminant, qui a décidé Guillaume IT,à consentir au mariage de sa tante avec Henri VI, a été le désir de s'assurer toute liberté pour poursuivre en Orient la réalisation de ses rêves ambitieux.

A ce propos, d'ailleurs, on ne saurait faire l'éloge du sens politique de Guillaume IT. A un intérêt immédiat, dont l'importance même était fort contestable, il n’a pas craint de sacrifier l'avenir de ses États. Rompant avec la politique traditionnelle qui avait fait la grandeur de sa maison, il s'est laissé séduire par les vaines

1. M.G.H.CC., t. I, p. 408, cf. Liber censuum, éd. Fabre, t. I, p. 463. 2, Chr. reqia Colon., éd. Waitz, dans M.G.H.SS., in-8°, p. 134.

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promesses de Barberousse. En abandonnant la cause de la papauté et en se jetant dans le parti de l'empereur, il a détruit de sa main l’œuvre que ses prédécesseurs avaient édifiée à grand’peine ; sans doute, il s'est assuré quelques années de paix, mais, pour obtenir ce piètre résultat, il a sacrifié la fortune de son propre royaume, Par contre, on ne saurait assez admirer l’habileté dont Barberousse a fait preuve dans toute cette affaire; par le mariage de son fils avec Constance il a su donner à la question normande, pendante depuis si longtemps, la solution la plus élégante et la plus conforme aux intérêts de l'empire !. En réglant ainsi pacifiquement la situation du royaume de Sicile vis-à-vis de l'empire, il a obtenu plus qu’il ne pouvait espérer d'une guerre heureuse. On ne saurait exagérer l'importance de ce succès de Barberousse qui a assuré à son fils la possession de l'Italie du Sud et lui a permis de reprendre en Lombardie les avantages que le traité de Constance venait de lui faire perdre. Le mariage de Constance constituait pour la papauté l'échec Le plus grave qu’elle eut subi depuis longtemps. Par là, en effet, se trouvait ruiné tout l'édifice politique si laborieusement édifié par les papes du xi° et du xu° siècle, pour tenir en échec en Italie la puissance des empereurs, et assurer l'indépendance de l'État pontifical qui, désormais, va se trouver resserré comme dans un étau entre les possessions impériales. Lucius III ne vit pas la célébration du mariage de l’héritière de la couronne de Sicile : le 25 novembre 1185, il était mort à Vérone ?. Son successeur Urbain III fut nommé sans doute à cause de son hostilité envers Barberousse 3. Mécontent du mariage d'Henri VI, Urbain III dans les questions en litige avec l’empereur fit preuve de la plus grande

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