‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 399 sur 742 · TRAITÉ AVEC BYZANCE · texte numérisé non relu

TRAITÉ AVEC BYZANCE

se retirèrent en bon ordre; ils dévastèrent l’île de Kalolimnos et ravagèrent les côtes !.

D'après Nikétas, les pertes des Normands s'élevèrent à dix mille hommes tués et quatre mille prisonniers ?. Ceux-ci furent fort maltraités dans les prisons de Constantinople ; seul Baudouin sut se concilier la bienveillance impériale.

La lutte se prolongea pendant les années suivantes et Guillaume IT chercha à prendre sa revanche en envoyant sa flotte, sous le commandement de Margarit, soutenir Isaac Commène, qu, à Chypre, avait été proclamé empereur. Quand l'armée envoyée par Isaac l'Ange contre l’usurpateur eut débarqué à Chypre, la flotte sicilienne détruisit la plus grande partie des vaisseaux byzantins. En même temps, Isaac était vainqueur sur terre et livrait à Margarit les généraux qui commandaient l’armée grecque; ceux-ci furent envoyés en Sicile 3. Margarit remporta, peu après, une nouvelle victoire et détruisit, à la hauteur de Chypre, la flotte que le basileus envoyait au secours de Saladin #,

Nous ignorons à quelle date finit la guerre; nous savons seulement qu'un traité fut conclu entre Guillaume II et Isaac l'Ange et que les prisonniers furent remis en liberté. D'après les Annales de Ceccano, Isaac aurait rendu les captifs à la liberté, quand il sut que la victoire de son armée avait été due à une trahison *. On ne saurait admettre ce renseignement, car il est démenti par les faits que nous avons rapportés. Un seul point paraît acquis : la mise en liberté des prisonniers, car, dès 1189, Richard d’Acerra était de retour en Italie 6.

L'insuccès de l'expédition qu'il avait envoyée contre l'empire grec n'empêcha pas Guillaume IT de se lancer à nouveau dans les entreprises lointaines. Le roi de Sicile fut, en effet, un des premiers souverains à prendre le parti des chrétiens d'Orient que

Nikétas Choniatès, p. #74.

Id., p. 475.

Id., p. 484.

Cf. Rôbricht, op. cit., p. 49%, note.

Ann. Ceccan., ad. an. 1185, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 287. Cf. infra, p. 422.

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416 CHAPITRE XHI

la bataille de Hattin et la prise de Jérusalem avaient livrés à Saladin. L'archevêque de Tyr, qui apportait en Europe la nouvelle de la défaite des chrétiens à Hattin, aborda dans les États de Guillaume II et eut une entrevue avec ce dernier !.

Les succès des infidèles affecterent particulièrement le roi de Sicile. A la nouvelle de la prise de Jérusalem, Guillaume JII, d’après Pierre de Blois, aurait revêtu un cilice et, après une retraite de quatre jours, aurait fait le vœu de secourir dans la mesure de ses moyens les chrétiens d'Orient ?. Guillaume I, en effet, a cherché à profiter du mouvement qui allait de nouveau lancer contre l'Orient l'Occident latin et a voulu, comme jadis Roger II, prendre la haute main sur l'expédition qui s'organisa. Nous savons, en effet, que le roi de Sicile prit une part active aux négociations qui précédèrent la troisième croisade, et s'efforça d'ame-

ner les croisés à passer par ses États *. On verra plus loin quels

embarras les engagements qu'il prit alors suscitèrent à son successeur.

Sans attendre que la croisade fût organisée, Guillaume Il envoya en Orient Margarit avec une flotte de soixante vaisseaux et deux cents chevaliers #. Quand, au printemps 1188, Saladin parut devant Tripoli, il y trouva la flotte normande ? et dut se retirer. Le chroniqueur arabe Imad ed Din donne de curieux détails sur les rapports des Normands, avec les gens de Tripoli; d'après lui, l'arrivée de Margarit n'aurait fait qu'aggraver les charges des chrétiens. Des divers témoignages que nous possédons, il résulte que la flotte sicilienne croisa pendant longtemps de Tri-

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