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MORT DE GUILLAUME

poli à Tyrt. Quand Saladin parut devant Merkab, Margarit était devant la place; il en fut de même à Laodicée. Il semble que la présence des Normands ait été rendue inutile par l’inertie des habitants qui préféraient traiter avec Saladin et ne pas courir le danger d’une lutte inégale. A Laodicée, Margarit eut une entrevue avec Saladin, il chercha en le menaçant de l'intervention des princes chrétiens, à arrêter le conquérant musulman, mais celui-ci se refusa à interrompre une lutte où ses victoires lui avaient déjà valu tant d'avantages ?.

Pendant l'été 1188, la flotte sicilienne reçut des renforts os nous ne savons que bien peu de choses sur le rôle Joué postérieurement par Margarit. Il semble toutefois qu'en donnant la chasse aux corsaires musulmans et en entravant le commerce, l'amiral sicilien ait acquis une grande réputation. Le bruit de ses succès se répandit jusqu'à Constantinople et l’on crut un moment qu'il s'était emparé de Dschebele et de Jaffa. Par son courage et son audace Margarit acquit en Occident une grande popularité #,

Les exploits de Margarit jettent un dernier rayon de gloire sur le règne de Guillaume II, qui, le 18 novembre 1189. s’étei-

gnit à Palerme sans pouvoir prendre part à la croisade qu'il avait rêvé de diriger.

De tous les rois normands, Guillaume IL est celui dont la personnalité s’est le moins affirmée, et c'est à grand peine que l'on peut retrouver la trace de son influence personnelle dans la direction donnée à la politique générale du royaume. Vivant le

1. Ibn el Athir, Loc. cil.; cf. Siccard de Crémone, dans Muratori, R.I.SS., t. VIT, p. 606, et Robert d'Auxerre, dans M.G.H.SS., t. XXVI, p, 253.

2. Ibn el Athir, B.A.S., t. I, pp. 499-500; Immad édDin, B'AS tt EL pp. 341-3%2.

3. L'Eracles, p. 114-115, donne le chiffre de trois cents chevaliers.

4. CF. Sicard de Crémone, R.LSS., t. VIT, p. 605; Roger de Hoveden, Chronica, dans M.G.H.SS., t. XXVII, p. 181-182 ; cf. Bartsch, Denkmäler der prov. Litteratur, p.160, et Pio Rajna, Contributi alla storia dell'epopea, dans la Romania, t. XIV, p. #8, sur ce que Raimond Vidal dit de Margarit :

que fes per mar Ses paralje manta nobleza E mant fait e manta proeza

Histoire de la domination normande. II. — CHALANDON.

418 CHAPITRE XIIL

plus souvent retiré au fond de ses palais, entouré de ses femmes et de ses esclaves, Guillaume IT vécut en souverain oriental plus occupé de ses plaisirs que de l'État. En lui les fortes qualités de la race que l’on retrouvait encore chez Roger IL et chez Guillaume 1° ont complètement disparu. C'est précisément ce contraste entre le roi et ses prédécesseurs qui paraît avoir fait sa popularité auprès de ses sujets. On était las de l'autorité absolue qu'avait exercée Roger IT et Guillaume; on en avait assez des guerres et des révoltes continuelles. Avec Guillaume Il on respira ; c'est au loin, en effet, que se passent les guerres dont les sujets n'ont pas à souffrir. Après les rudes années des règnes précédents, le contraste était frappant; on goûta plus peut-être qu'il n'eût fallu cette tranquillité et l'on sut gré au souverain qui la donnait. Aussi Guillaume Il, pleuré par ses sujets, est-il demeuré comme le type idéal du souverain; déjà Richard de San Germano s'écriait :

Rex noster amabilis,

Virtute laudabilis,

evo memorabilis,

Guilielmus decessit…

Vos matrone nobiles

virgines laudabiles…,

.… nunc estote flebiles.

Rex Guilielmus abut non obut.

Rex ille magnificus cujus vita placuit Deo et hominibus !.

Plus tard, à son tour, Dante devait se faire l'écho de ces

sentiments populaires dans ces vers du Paradis : E quel che vedi nellarco declivo, Guglièlmo fu, cui quella tèrra plèra Che piange Carlo e Federico vivo.

Ora conosce come s’innamora Lo cièl del giusto rège, ed al sembiante Del suo fulgore il fa vedere ancora “

A. Richard de San Germano, M.G.H.SS., t. XIX, p. 324. 2, Parad:; xx; 00.

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