ÉLECTION DE TANCRÈDE
la question. En décembre 1191, à Terlizzi !, on compte la deuxième année du règne, de même, à Monopoli, le 13 décembre 1191 ?. Il semble donc que la date du 8 décembre 1189 doive être rejetée. Restent les deux dates de janvier et de mars 1190; comme la seconde ne concorde pas avec le diplôme de 1192, il me semble que c'est la première qui doit être adoptée.
À diverses reprises nous avons eu incidemment l'occasion de parler du nouveau roi; il convient toutefois de rappeler brièvement ici ce que nous savons de l'histoire de Tancrède avant son élection. La légende, en effet, s'est emparée de sa personne et a groupé autour de son nom toute une série de récits romanesques *.
Son père, le due Roger, se serait épris pendant son séjour à Lecce d’une fille d’un comte Robert, à laquelle on a donné tour à tour les noms de Blanche, Béatrice et Sibille. Tancrède aurait été le fruit de ces amours clandestines sur lesquelles les imaginations de
divers historiens ont brodé maints récits mensongers. Le duc Roger laissa deux enfants naturels, Tancrède et Guillaume ‘: nous ignorons le nom de leur mère que Falcand qualifie de très noble ?. Un acte de Tancrède nous permet d'établir que sa mère était fille du comte Achard de Lecce qui avait succédé à son père Geoffroi. Nous savons, en effet, qu'Achard eut une fille Emma qui fut abbesse du monastère de San Giovanni, à Lecce. Or, en mai 1190, Tancrède faisant une donation à Emma la qualifie de metertera 5. Au début du règne de Guillaume I‘, les deux jeunes princes furent emprisonnés, ils prirent part à la conspiration de Mathieu Bonnel contre le roi *. Peu après, le jeune Guillaume