RÉVOLTE DES SEIGNEURS CONTRE TANCRÈDE
seignent sur les négociations engagées par les seigneurs normands avec le futur Henri VI, ne nous disent pas exactement à quel moment s'ouvrirent les pourparlers. D'après le poème de Pierre d’Eboli, il semblerait même que l’on doive les placer seulement lors du sacre d'Henri VI, en 1191. Mais étant donné que le poète mentionne parmi les partisans du mari de Constance, le comte d'Andria, il convient de reporter jusqu'en 1190 la date de l'ouverture de ces pourparlers. En effet, Roger d'Andria, fait prisonnier à la fin de 1190, fut mis à mort par ordre de Tancrède. D'autre part, Richard de San Germano place, égalementen 1190, les premiers rapports de Roger avec Henri.
Pierre d'Eboli nous fournit les noms des seigneurs qui offrirent d'entrer dans l’alliance allemande. Grâce à l’'énumération qu'il fait, nous pouvons facilement nous rendre compte de l'importance de l'opposition que rencontra Tancrède; il convient
toutefois de remarquer qu'il n’est pas du tout certain que, dès
1190, tous ces opposants se soient déclarés en faveur d'Henri VI. Il est, en effet, fort possible qu'un certain nombre d’entre eux aient pris ouvertement le parti de Constance seulement l'année suivante. Seuls les vassaux du roi de Sicile qui ont pris part à l'insurrection de 1190 ont été très probablement dès cette date en rapport avec le fils de Barberousse.
Roger d’'Andria, le compétiteur malheureux de Tancrède, devint le chef tout désigné des mécontents !. Il entraîna avec lui presque toute l'aristocratie de la Pouille. A ses côtés nous trouvons le comte de Conza ?, Tancrède de Saye, comte de Gravina Ÿ, Roger, comte de Tricarico, dont le fils Jacques avait épousé Mabille, fille de Landolf de Ceccano ‘, Renaud, comte des Abruzzes »,
4. Pierre d’Eboli, v. 252 et suiv.; Ann. Casin., ad an. 1190, dans M.G.H.SS.,t. XIX, p. 314; Richard de San Germano, dans M.G.HSS., tXEX) D. 325.
2. Pierre d'Eboli, v. 295. Dans le Catalogue des: barons, p. 589, le comte de Conza est Jonathas.
3. Archives de la Cava : L. 14 (1185); L. 23 (1187); L. 27 (1188); Ughelli, Opaoibit NE 'p TE
4. Catalogue des Barons, p.574; di Meo, op. cit., t. XI, p.19; Ann. Ceccan., ad an. 1188, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 288.
5. Renaud est mentionné dès 1175, Gattola, Acc., t. [, p. 266. Cf. Chron. sancti Bartholomei de Carpinelo, dans Ughelli, €. X, p. 37%.
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Roger de Mandra, comte de Molise !, Richard, comte de Caleno ?, Richard, comte de Fondi *, Pierre, comte de Celano ‘, les comtes Gentil et Mainier de Paleario ainsi que leur frère Guillaume, évêque de Troia *. A Salerne, la puissante famille des Guarna était pour Henri VI, ainsi que l’archidiacre Audri6. D’autres membres du clergé entrèrent également en rapport avec le fils
de Barberousse, parmi lesquels nous connaissons l'archevêque de Palerme, Gautier ?, son frère Barthélemy, évêque de Girgenti®, Mathieu, archevêque de Capoue ?, Roffroi, abbé du Mont-Cassin!°, Certaines villes durent suivre ce mouvement: nous voyons
en effet, qu’en mai 1190, à Amalfi, on reconnaît Constance!t. Profitant de l'approche des Allemands, un certain nombre de seigneurs se révoltèrent ouvertement contre Tanerède. Les Annales Casinenses nous disent que l'abbé du Mont-Cassin, Roffroi, prévoyant l'avenir, s'entendit avec les eomtes et les barons. En même temps, Roger d'Andria et Richard de Caleno commençaient les hostilités. La révolte, en 1190, s’étendit à la Pouille et à la région du Mont-Cassin. Tancrède chargea son
1. Gattola, Jist., L. TI, p. 207. Diplôme émané de Roger, comte de Molise, en 1189.