Amari, op. cit., t. III, pp
. Pirro, op. cil.,t. I, p.1132. Cf. Huillard-Bréholles, Histoire dipl. t. 1, p. 12. Amari, op. cil., L. IT, p. 548, émet une hypothèse fantaisiste sur le rôle du parti allemand.
l'ordre fut rétabli seulement après la conclusion du traité de paix, signé à la fin de 1190, entre Tancrède et Richard Cœur de Lion. Très probablement, ces événements retinrent Tancrède en Sicile pendant l’année 1190. Nous le trouvons, en effet, à Palerme, en Juin et en novembre 41901.
La présence du roi eût été pourtant fort nécessaire sur le conünent pour rétablir l’ordredans les provinces du royaume. Presque partout, en effet, à la suite de l'élection de Tancrède, des troubles se produisirent ; l'autorité royalese trouva battue en brèche et fort amoindrie, au moment même où le roi avait à craindre la guerre avec l'Allemagne. A la suite de l'élection de Tancrède, il était en effet certain que le fils de Barberousse chercherait par tous les moyens en son pouvoir à faire valoir les droits de Constance sur le royaume de Sicile. Pour faire face au danger allemand, Tancrède aurait eu besoin de toutes les forces de ses États: ce fut au moment même où l'union eût été le plus nécessaire que la guerre civile éclata.
L'élection du nouveau roi avait été mal accueillie par l'aristocratie de la Pouille, de la Terre de Labour, du principat de Capoue, et de celui de Salerne. Les seigneurs qui avaient appuyé la candidature du comte d’Andria, furent fort mécontents de voir Tancrède recevoir la couronne. Ce dernier n'avait pas une situation personnelle capable de s'imposer à tous. Aussi, au début de son règne, son autorité fut-elle méconnue. Il semblait peu probable à la plupart des seigneurs que Tanerède fût capable de résister au mari de Constance, quand celui-ci viendrait revendiquer les droits de sa femme. C'est ce qui explique qu'un grand nombre de barons, jugeant l’occasion favorable pour se soustraire à la domination royale, se soient refusés à obéir, et aient fait appel au fils de Barberousse. Ils pensaient, sans doute, que l'autorité du prince Henri s'exerçant de plus loin leur laisserait plus d'indépendance, et ils comptaient, en même temps, par leur révolte acquérir des droits à la’ bienveillance de celui dont ils escomptaient la victoire. Les sources qui nous ren-
1. Loffredo, op. cit.,t. IT, p. 289; Paesano, op. cit., t. Il, p. 240; Ughelli. op. cul., t. VIII, p. 258.