Ibid. Cf. M.G.H.CC., t. Il, p. 480 et suiv
4. Pierre d'Eboli, v. 352 et suiv. Cf. Bloch, op. cit., t. II, pp. 34-36, qui critique parfois trop sévèrement toute cette partie du poème de Pierre d'Eboli.
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breuses défections se produisirent. La plus importante fut celle d'Henri de Brunswick qui retourna en Allemagne !. Pierre d'Eboli dit formellement que Tancrède acheta un certain nombre de seigneurs allemands? Nous ne pouvons vérifier cette assertion, mais il est évident que l'intérêt du roi était de susciter en Allemagne des embarras à l'empereur; par suite, on doit regarder comme très vraisemblable l'entente du roi de Sicile avec les Allemands mécontents. Ce n’était pas là d’ailleurs une manœuvre nouvelle de la politique normande ; déjà, nous l’avons vu, le part guelfe avait été subventionné par le roi Roger. Le retour d'Henri de Brunswick en Allemagne fut suivi d’une révolte des seigneurs guelfes ; celle-ci survint tellement à propos pour empêcher pendant quelques années Henri VI de descendre en Italie, que l’on peut admettre le témoignage de Pierre d'Eboli, et croire que l'or de Tancrède aida à ce mouvement.
Malgré les défections qui s'étaient produites, l’empereur continua à assiéger la ville; l’état sanitaire ne fit qu’empirer, et Henri VI lui-même tomba gravement malade ; il se décida alors à lever le siège (24 août) 5. Laissant l’impératrice à Salerne, il reprit la route de l'Allemagne. C’est seulement après la levée du siège
qu'arrivèrent les Génois. Leur flotte forte de trente-trois galères avait pris la mer le 15 août; elle chercha, semble-t-il, à rallier la flotte pisane, mais celle-ci, poursuivie par Margarit jusqu’à Castellamare, avait réussi às’éloigner. C’est à Castellamare près de Mondragone, entre Gaëte et Naples, que les Génois apprirent le départ de l’empereur. Ils poussèrent jusqu’à Ischia, puis allèrent jusqu’à Ponza et Palmarola; ils rencontrèrent la flotte de Margarit forte
1. Gilbert, Chr. Hanon., dans M.G.H.SS., t. XXI, p. 574; Ann. Aquenses, M.G.HLSS., t. XXIV, p. 39; Ann. Stederburg, M.G.H.SS., t. XVI, p. 224; Chronica collecla à magno presbytero, M.G.H.SS., t. XVII, p. 519; Arnold, Chr. slavorum, dans M.G.H.SS., t. XXI, p. 181.