SIÈGE DE NAPLES
Henri VI ne réussit pas à se rendre maître de la mer, et les assiégés purent ainsi continuer à recevoir tous les secours qui leur étaient nécessaires !. Les sources mentionnent bien la présence de la flotte pisane, et un combat que lui aurait livré l’émir Margarit, mais, il résulte clairement des Annales de Gênes que cette bataille navale précéda de peu l'arrivée des Génois, et, par suite, doit être placée en août, sans doute, dans la seconde quinzaine ?. L'empereur se rendit compte de l’infériorité que lui donnait l'insuffisance de la flotte, et le 30 mai, il conclut avec les Génois un
traité par lequel il s’assurait le concours de leur marine *.
Nous n'avons de détails sur la marche des opérations du
siège de Naples que par le poème de Pierre d'Eboli #, il est difficile de distinguer dans l’œuvre du poète la part de réalité et celle de la fiction. Il n’y a d'ailleurs dans toute cette partie de l'ouvrage que des renseignements sans grande importance. On ne peut guère noter que l’énergique résistance opposée aux assallants par les soldats de Tancrède. Il convient d'ajouter que Richard d'Acerra aurait été blessé et que le commandement aurait alors été pris pendant quelque temps par l'archevêque de Salerne. Les autres sources sont muettes sur tout cela, mais, ces détails paraissent fort vraisemblables.
L'armée allemande ne tarda pas à être éprouvée par les chaleurs de l'été ; et bientôt l’état sanitaire devint très mauvais. Les effectifs furent fort diminués par suite du grand nombre des malades; il y eut beaucoup de décès, et la mort frappa à coups redoublés jusque dans les rangs des principaux seigneurs. Toutes ces calamités influèrent sur le moral des troupes quela longueur du siège rebutait ; le découragement devint général et d'assez nom-
1. Cf. la reproduction d’une miniature du ms. de Pierre d'Eboli, éd. Rota, p. 63, représentant les assiégés montés sur un navire et lançant des flèches contre un parti de chevaliers allemands qui galopent sur le rivage.
2. Ottob. Annal., dans M.G.H.SS., t. XVIII, pp. 105-106. La flotte pisane venait d'échapper à Margarit, quand les Génois arrivèrent après la levée du siège (24 août).