‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 444 sur 742 · Rouleaux de Cluny, n° IX · texte numérisé non relu

Rouleaux de Cluny, n° IX

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Les tentatives de Célestin III, n’eurent done pas d'autre résultat que de hâter l’envoi en Italie de renforts allemands. La nouvelle attitude du pape révéla, sans doute, à Henri VI les progrès de Tancrède et lui fit craindre de laisser à son compétiteur le temps nécessaire pour établir solidement sa puissance, en chassant les dernières garnisons impériales.

Dans les deux lettres précédentes, il n'est fait aucune allusion à l'impératrice. D’après Roger de Hoveden, l’empereur aurait demandé au pape de s’entremettre pour obtenir la mise en liberté de Constance !. Le ton général des lettres me paraît rendre cette demande très invraisemblable ; on verra plus loin pour quelles raisons 1l semble que l’on doive admettre que ce fut Célestin IT de lui-même qui prit l'initiative de demander à Tancrède de mettre Constance en liberté.

Tandis qu'il proposait à Henri VI sa médiation, le pape poursuivait avec Tancrède de laborieuses négociations, dans lesquelles 1l cherchait à obtenir en échange de son appui le plus grand nombre de concessions possibles. D'après une source malheureusement assez obscure ?, ce serait Tancerède qui aurait pris l'initiative de ces pourparlers; il aurait offert au pape en échange de son appui, de rendre à Saint-Pierre tout ce que les rois, ses prédécesseurs, lui avaient enlevé. Il y a certainement dans ce texte un fonds de vérité, Tancrède avait le plus grand besoin du pape, car, il n’avait pas encore été admis à prêter le serment d'hommage et n'avait pas reçu l'investiture de ses États; sa légitimité n'était donc pas consacrée. C'était là pour lui une situation grosse de dangers. Il est donc fort possible que ce soit Tancrède qui ait demandé au pape son appui. Pour ce qui est des promesses faites par le roi de Sicile, il s'agit non pas des terri-

toires enlevés par les rois normands à l'État pontifical, mais bien des prérogatives que les rois de Sicile avaient su obtenir dans le domaine religieux. On le verra clairement quand nous analyserons le Concordat de Gravina.

1. Roger de Hoveden, M.G.H.SS.,t. XXVII, p. 157. Cf. Contin. Sanblas, MOSS NX "D. 332:

2. Sigeb. Contin. Aquicinctina, dans M.G.H.SS.. t. VI, p. 429.

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