‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 445 sur 742 · CONCORDAT DE GRAVINA · texte numérisé non relu

CONCORDAT DE GRAVINA

Nous savons très peu de choses sur les négociations, que nous ne connaissons guère que par leur résultat. Elles eurent lieu, sans doute, en Italie, où nous trouvons Tancrède dès le mois de Janvier 1192 !, et se terminèrent vers le mois de mai par l'envoi d’Albin, évêque d'Albano, et de Grégoire, cardinal du titre de Santa Maria in Aquiro, chargés de négocier l'accord définitif 2. Le pape ne put quitter Rome, où il fut vraisemblablement retenu par l’arrivée des envoyés d'Henri VI. Les cardinaux rejoignirent Tancrède à Alba, au nord-ouest du lac Fucin ; ils accompagnèrent ensuite le roi à Gravina où nous le trouvons en juin ?. Denis, évêque d'Amalfi et Richard, le fils du chancelier Mathieu d'Ajello, furent chargés par le roi de Sicile de discuter avec les envoyés pontificaux le traité à conclure. Tancrède dut abandonner un grand nombre des prérogatives que ses prédécesseurs avaient su arracher au Saint-Siège. Finalement les cardinaux, à qui le pape avait donné les pouvoirs nécessaires, donnèrent au roi de Sicile l'investiture de ses États et l’admirent à prêter le serment d'hommage, après avoir conclu le traité connu sous le nom de Concordat de Gravina. L'accord signé par Hadrien IV et Guillaume, servit de base aux négociations, mais de profondes modifications y furent apportées, toutes bien entendu dans un sens favorable à l'autorité du pape. Voici les principaux points qui furent modifiés :

1° Le droit d'appel en cour de Rome est introduit en Sicile ; jusqu'alors l'appel ne pouvait avoir lieu que sur la demande du roi.

2° Tancrède abandonna le droit que ses prédécesseurs s'étaient réservés de n'admettre en Sicile que les légats pontificaux demandés par le roi lui-même. Désormais le pape a le droit d'envoyer un légat en Sicile tous les cinq ans, plus souvent même si le besoin s’en fait sentir ou si le roi le demande.

3° Pour ce qui concerne les légats envoyés en Pouille et en Calabre, on omet la clause qui leur prescrivait de ne point abuser des biens d'église.

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