Ottob. Ann., dans M.G.H.SS., t. XVIII, p
de l’armée devant Naples avait tenu en grande partie à l'impossibilité d'établir le blocus du côté de la mer. En 1194, on évita de commettre la même erreur de tactique. Dès le 23 août, les flottes alliées paraissaient devant Naples; elles avaient déjà soumis Gaëte en passant !. L'empereur, qui avait séjourné à Pise pendant une partie du mois d’auût ?, ne tarda pas à arriver lui aussi devant Naples avec le gros des forces allemandes 3. Minutieusement préparée, la campagne s'était ouverte sous les meilleurs auspices. Henri VI n'avait éprouvé aucune difficulté à pénétrer sur le territoire normand. Dès son arrivée, il avait été rejoint par l'abbé du Mont-Cassin, par le comte de Fondi et par les chefs des conüngents allemands demeurés depuis trois ans dans les États de Tancrède #. Les partisans de l’empereur étaient les maîtres de presque toute la région qui s'étendait depuis la frontière Jusqu'à Naples; tandis que ceux de Guillaume III ne possédaient plus que des places isolées. Sans s'inquiéter de la résistance des quelques villes dont les habitants demeuraient fidèles à la cause royale, Henri VI marcha directement sur Naples, laissant aux mains de l'ennemi Atina et Roccaguglielma 5. Capoue et Aversa ne furent pas attaqués et ne firent pas leur soumission 6,
Le fait caractéristique de toute cette campagne est la facilité de la conquête. Il ne semble pas que Sibille ait su organiser la défense de ses États : nous ne constatons nulle part la présence de l'armée royale, et il ne paraît pas qu'aucune tentative ait été faite pour arrêter la marche de l'empereur. Cette incurie de la régente dut décourager la bonne volonté des partisans du jeune roi et, en voyant qu'aucun préparatif n'était fait pour repousser l'invasion, certaines villes aimèrent mieux se soumettre que d'entreprendre une lutte inégale. C’est la ce qui explique que les Napolitains n'aient pas fait la moindre tentative de résistance,
1. Ottob. Ann. dans M.G.H.SS., t. XVIIL, p. 108; Ann. Casin., dans MIGÉESS Et IE ST.