‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 467 sur 742 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

47. Cont. Sanbl., #1, dans M.G.H.SS., t. XX, p. 326, le comte Richard parent de la reine dont il est ici question, est sans aucun doute le comte d’Acerra ; cf. supra, t. Il, p.482, note 3.

serviteur de Tancrède ! et Eugène ? ; Sibille fut arrêtée avec son fils, ses trois filles et sa belle-fille Irène #, la veuve du duc Roger. Tous ces prisonniers furent envoyés en Allemagne #.

Pendant longtemps, ces arrestations ont été amèrement reprochées à Henri VI. On accusait en effet l'empereur d'avoir forgé de toutes pièces le complot et d’avoir fait périr dans les supplices, la plupart de ses prisonniers. Une réaction s’est produite ; l'étude minutieuse des faits et surtout de la chronologie a permis à quelques historiens allemands de laver en partie la mémoire d'Henri VI des accusations dont elle avait été l’objet ?. Il semble bien que cette tentative de réhabilitation soit justifiée dans une certaine mesure. Un résultat assuré des travaux de la critique est que, en 1194, il n’y a pas eu de répression sanglante. Aucun des conjurés n’a été mis à mort. L'erreur commise à ce sujet provient du manque de précision des divers chroniqueurs qui ont raconté l'établissement de la domination allemande en Sicile. La plupart d'entre eux ont réuni en quelques lignes et attribué à une même époque des faits qui, en réalité, se sont espacés sur plusieurs années 5.

Reste l'accusation adressée à l’empereur d'avoir forgé de toutes pièces le complot. Pour divers chroniqueurs, en particulier pour ceux écrivant en Italie, il n’y a aucun doute à ce sujet .

Il semble bien que cette accusation ne soit pas admissible. Avec les forces dont 1l disposait, il eut été facile à Henri VI d’assiéger Caltabellota; la reddition de la place n’eût été qu’une question de temps et l’empereur se serait facilement rendu maître de la famille royale. Le nouveau roi préféra traiter, et je ne crois pas que l’on soit en droit d’accuser sa bonne foi. Les conditions relative-

ment avantageuses qu'il proposa à Sibille s'expliquent facilement, sans avoir recours à l’idée d’un guet-apens, si l’on consi-

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