LES JUIFS
deux cents, à Tarente trois cents, à Palerme quinze cents !. Nous connaissons par ailleurs l'existence de communautés juives à Bari ?, à Termini » et à Cosenza 4. Les Juifs obligés de vivre dans le ghetto sont considérés comme des serfs, ils ne peuvent quitter les terres de leur seigneur qui a le droit de les reprendre 6. Ils sont soumis aux redevances et aux servilia, à la taille et à la dîime. Par contre, ils obtiennent certains avantages. Leur communauté a le droit de posséder ? et jouit de certains monopoles. À Catane, ils sont jugés d’après leurs lois 8 ;: à Salerne, ils ont seuls le droit d’abattre des bêtes: de même seuls, ils ont le droit de vendre et d'apprêter les draps fabriqués à l'aide de calandres 10, A Bari ils ont, outre le monopole de la celendra, celui de la teinture !!, À diverses reprises nous voyons la communauté tout entière d’une ville donnée par le seigneur. Ainsi les Juifs de Bari ont constitué la dot que Guiscard a donnée à Sykelgaite ©; celle-ci avait également des droits sur les Juifs de Palerme B, Adélaïde et Roger, en 1107, donnent à l'église Saint-Barthélemy les Juifs de Termini !* ; de même, le duc Guillaume accorde quelques-uns de ses droits sur les Juifs à l’évêque de Cosenza et à l'archevêque de Salerne f.
1. Die Reisebeschreibungen des R. Benjamin von Tudela, éd. et trad. Grünhut et Adler, t. IT, p. 9 et suiv. et p. 92.
2. Cod. dipl. Bar., &. 1, pp. 61, 66, t. V, p. 58. 3. Archives capitulaires de Patti, diplôme d'Adélaïde (1107), Fund, n° 3 &. Ughelli, op. cit.,t. IX, p. 192.
5. Le ghetto est appelé judeca, Cod. dipl. Bar., t. 1, p. 61, Paesano, op. cit, &. Il, p. 72 (1121).