D 1 © © & © NN
jamais été soulevée, mais bien plus, à diverses reprises, Rome accorda des privilèges aux monastères basiliens !. Comme on l'a d’ailleurs remarqué, justement ceux-cine connurent, pendant un temps, de Rome, que son légat. Néanmoins, les moines grecs paraissent être demeurés en rapports fréquents avec Constantinople. On sait que Barthélemy, l'abbé de Sainte-Marie du Patir, se rendit auprès d’Alexis I Comnène qui le combla de présents. De même, en 1179, au concile de Latran, ce fut Nectarios, archimandrite de Saint-Nicolas de Cassole, qui avait longtemps séjourné à Byzance, qui fut un des représentants de l'église grecque. Il remplit sa tâche avec tant d'éclat qu'à son retour, les Grecs d’Otrante l’accueillirent avec des manifestations enthousiastes. Il fut également félicité par Georges, métropolitain de Corfou ?.
Le clergé latin paraît s'être montré mal disposé en faveur du monachisme grec, du moins dans la période du début. C'est ce que paraît indiquer l'accusation d'hérésie portée contre l'abbé de Sainte-Marie du Patir par deux moines de l'abbaye bénédictine de Saint-Michel de Mileto. La fermeté avec laquelle les princes normands soutinrent les moines grecs, dût d’ailleurs, en imposer assez vite, car nous ne trouvons plus de trace de ces compétitions jusqu'à la fin du xuf siècle. Toutefois, sous Guillaume IT, une certaine réaction se produisit, c’est, du moins, ce qui semble résulter de divers actes par lesquels nous voyons certains monastères passer du rite grec au rite latin *.
Une des conséquences les plus curieuses de la protection accordée aux moines grecs fut l'entrée des moines basiliens dans la hiérarchie féodale. On sait que le droit canonique grec ne reconnaissait point aux monastères la faculté de posséder: ils n'avaient que l'usufruit de leurs monastères dont la nue propriété demeurait, soit au patron qui les avait fondés, soit à l'évêque. Il n'en était pas de même en Occident, et les princes normands appliquèrent aux couvents grecs les mêmes règles qu'aux monas-
1. Mgr Battifol, op. cit., p. 16, bulle de Pascal IT (1105) pour Barthélemy.
2. Labbé, Concilia, t: XXVIL p. 469 et suiv.; cf. Diehl, op. cit., p. 171, note 1.