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LE MONACHISME LATIN

tères latins. Les couvents basiliens durent, comme on l’a dit justement, baroniser comme les autres !.

Le monachisme latin. — Les couvents de l'Italie Méridionale eurent certainement beaucoup à souffrir pendant la période de la conquête. Les chroniques monastiques nous ont conservé les longues doléances des moines qui voyaient continuellement leurs possessions ravagées ou occupées par les envahisseurs. Il y a dans certains de ces récits un véritable accent de haine contre ces maudits Normands qui ne respectent même pas les biens des serviteurs de Dieu ?. Cette situation dut se prolonger assez longtemps dans certaines régions tardivement conquises ou peu soumises à l'autorité royale, notamment dans les Abruzzes, mais,

ailleurs un ordre relatif ne tarda guère à s'établir et nous voyons | les nouveaux seigneurs s'entendre assez vite avec les abbés des | grands monastères bénédictins. Il convient, toutefois, de remarquer que, même pendant la période la plus agitée, les plus importantes d’entre les abbayes bénéficièrent dans une certaine mesure des troubles de la conquête. Il semble, en effet, qu'un assez grand nombre d'indigènes, menacés ou plus où moins ruinés par les conquérants, se soient placés sous la protection des abbés, auxquels ils faisaient abandon de leurs biens. Certains documents

me paraissent caractéristiques à cet égard. Sans rappeler la

donation faite en 1053 à la Cava *, donation dont nous avons parlé ailleurs, certains actes du Mont-Cassin sont également instructifs à cet égard. C'est ainsi que pendant la période la plus troublée, les donations faites par l'aristocratie lombarde à des monastères sont particulièrement nombreuses, quelques-unes contiennent des clauses de réserve remarquables *, Nous voyons des seigneurs lombards faire abandon de leurs biens à une abbaye,

1. Cette transformation dans la condition de la propriété a été mise en lumière par Mgr Battifol, op. cit., pp. 4-5, auquel j'emprunte ces détails.

2. Pour apprécier la valeur des documents de ce genre, il faut remarquer que tandis que la Chronique de Casauria se répand en doléances sur le compte de Hugues Maumouzet, la Chronique de Saint-Barthélemy de Carpineto comble d’éloges le même personnage.

3: Trinchera; op.-ctt., p. #9 cl"supra,t. lp. 108. 4, Cf, Gattola, Acc., t. F, pp. 169,130, 181.

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mais se réserver à eux et à leurs héritiers le droit de les racheter dans le cas où leur situation de fortune le leur permettrait, ou encore se garantir le vivre et le couvert, au cas où on leur enlèverait par force les biens qui leur restent. Il y a dü, évidemment, exister, dans ce sens, un mouvement assez général que nous ne pouvons que soupçonner.

Les princes et les seigneurs Normands comprirent bien vite l'intérêt qu'ils avaient à s'entendre avec les puissantes abbayes bénédictines et, par politique, ils se montrèrent fort généreux à leur égard, comme l’attestent les nombreux diplômes qui nous sont parvenus. La piété des Normands ne se traduisit point seulement par la protection accordée aux monastères déjà existants, mais aussi par la fondation ou la restauration de nombreuses abbayes. Commencées avec Sant Eufemia, la Sainte-Trinité de Mileto ! et San Stefano del Bosco, les grandes fondations normandes se continuent au xu° siècle avec Monte Vergine, Saint- Jean des Ermites de Palerme ?, Maniakès “ et Monreale. Cette dernière abbaye, comblée de faveurs et de richesses par Guillaume IT, fut bien vite au premier rang parmi les grandes abbayes du royaume. L'exemple des souverains fut suivi par les princi-

paux personnages de la cour. Pour ne rappeler que les fondations les plus importantes, citons Saint-Léon de Panagia, Saint-Nicolas di Arena, Santa Maria di Licodia fondés par le comte de Policastro, Henri et son fils Simon , Santa Lucia di Neto, fondé par Tancrède de Syracuse ; en 1169, Mathieu d'Ajello fonde, à Palerme, le monastère de femmes de Santa-Maria de Latinis, dont la construction était terminée en 1171 6: en 1174, le monas-

1. Cf. dans P. Kehr, op. cit., dans Nachrichten (1900), p. 149, une bulle d'Urbain If, confirmant les donations du comte Roger.

2, Cf. Carini, Sul monastero di S. Giovanni degli Eremiti, dans Arch. st. sic., t. I, p. 74 et suiv.

3. Fondé par la reine Marguerite, Appendice à Malaterra, dans Muratori, R.LSS., t. V, p. 603, et dont l’abbé fut Guillaume, frère de Pierre de Blois. Pierre de Blois, Epistolae, n° 90. Cf. Une bulle d'Alexandre III, dans Kehr, op. cit., dans Nachrichten (1899), p. 317.

k, Pirro, op. cit., t: I, p. 1156 et suiv.

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