‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 564 sur 742 · LES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

LES ÉVÊQUES

à se faire pardonner les nombreuses violences commises pendant la conquête, ils crurent que des donations aux églises leur assureraient le pardon de leurs fautes !. On comprend facilement que dans cette distribution ils aient songé à favoriser particulièrement les clercs de leur race et aient partagé entre eux, les sièges épiscopaux, comme ils avaient partagé les terres entre leurs chevaliers. Ce ne fut que dans les centres importants que le clergé indigène réussit à se maintenir. L'exemple de Rossano est caractéristique à cet égard ? ; pour éviter de semblables révoltes, les Normands durent en certaines villes laisser, suivant les régions, des évêques d'origine lombarde ou grecque. En Sicile, où le comte Roger créa, en terrain neuf, une nouvelle organisation, tous les premiers évêques furent étrangers. Ce fut le comte Roger lui-même qui délimita les circonscriptions diocésaines. Le privilège de légation reconnu en 1098 consacra à cet égard les droits du souverain, Dans un diplôme d’Adélaïde en 1110, nous voyons que l'élection de Pierre évèque de Squillace a eu lieu dans la chapelle du palais de Messine en présence de la comtesse, de son fils, des barons et de quelques évêques, il semble bien qu'il y a eu ici nomination par la régente et la curia ?. Nous voyons, en 1131, Roger II placer Jocelin sur le siège épiscopal de Cefalu qu'il crée . De même l'abbé de Lipari fut élevé à la dignité épiscopale par Roger IT 5. Les successeurs de celui-ci paraissent avoir exercé moins rigoureusement les droits qu'ils s'étaient arrogés, et quand Guillaume II voulut ériger Monreale en archevêché, il s’adressa au pape ©. Ce qui caractérise la situation des évêques à l’époque normande, c'est la dépendance absolue où ils se trouvent vis-à-vis duroi. Celui-ci, jusqu en 1156, nomme directement les évêques, leur interdit de se rendre au concile, d'en appeler à Rome, et empêche les légats

1. Cf., sur la conversion de Guiscard, Aimé, IV, 17 ; sur celle de Roger, Malaterra, IV, 7 : voir del Giudice, op. cit., p. xxxrr et suiv. sur la fondation de l’évêché de Gravina (1095).

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