‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 587 sur 742 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA ROYAUTÉ

résidions, étant entouré de notre fils, de nos comtes, des autres

barons et d’une grande foule de peuple pour faire cesser les que-

relles et corriger les injustices ! ». «Le roi doit maintenir l’intégrité de la paix et de la justice » ?. Partout doit régner « la paix du roi »#%. L'auteur d'une chronique résume l'éloge de Guillaume II par ces mots : « Unicuique jura sua tribuit *».

Le roi doit, avant tout, protection au clergé séculier et régulier, c'est en favorisant les clercs et les moines qu'il s'acquitte envers Dieu de la protection qui lui est accordée. Les églises du royaume sont dans la main et sous la protection du roi ?. Elles ont droit à la protection royale, car, répandues à travers tout le royaume, elles adressent constamment des appels à la miséricorde du Tout-Puissant. Le bien-être matériel du clergé doit être assuré pour qu'il n'ait qu'à s'occuper du service de Dieu 6. La tâche du roi envers le clergé ne se borne pas à le protéger, 1l doit encore accroître ses biens et défendre ses droits. « Ad regiam spectat beatitudinem dei ecclesias ab ipso defensas, defendere, augere earumque iura inltegra et illibata conservare » 7, ou encore « Decet reqiam maiestatem ecclesias dei diligere, earum possessiones augere ipsarumque prelalis, ad pias causas nobis supplicantibus, aures non minus benignas quam efficaces porrigere, illius intuilu per quem reges sumus et regni qaudemus qubernacula suscepisse 8 ».

C’est le roi qui est la source de tout pouvoir et tous ceux qui détiennent une parcelle de l'autorité publique ne la tiennent que par délégation. A ce sujet, la lecture des diplômes est fort instructive ; elle nous montre clairement les progrès de l'autorité royale. Pendant longtemps, les vassaux s’intitulent comte par la grâce

. Diplôme de Roger II, Arch. st nap., t. XXV, p. 210. PIRTO: Op. cit, &, ED: 208.

Gattôla; Acc, Et. FD. 2006:

. Chr. Ferrar., p. 31. Cf. le préambule des Assises. éd. Brandileone, 94-95.

- Prologo, op. cit., pp. 128-129.

j. Paesano, op. ci. t. Il, -p 175. cf Al. Tél. 1 24;p:98. . Kehr, op. cit., p. #33, diplôme de Guillaume [°" (1156). . Id., p. #40, diplôme de Guillaume IT (1171).

de Dieu. Nous pouvons citer Geoffroi, comte de Conversano ! : :]

Guillaume, comte du Principat (1112) ?:; Nicolas, comte du Principat (1141) 5; Raon, seigneur de Pessilione (1118) 1; Robert, comte de Loritello (1100) ? ; Robert de Conversano 5 et Tancrède de Conversano (1130) 7. À mesure que l'autorité royale s'affermit l’ancienne formule de la suseription tend à devenir : « N, dei gralia el reqia comes ». Nous trouvons cette formule dans les actes de Thomas Britton (1134) $, de Robert, comte de Conversano (1134) °, de Robert de Montescaglioso (1137) 10, de Gui de Venosa !! (1134). Plus tard, cette formule est de règle, nous la voyons employée par les seigneurs les plus puissants, comme les comtes de Loritello, de Lecce !?, d'Avellino #.

De même, dans les villes, à partir de 1134, le simple Judex devient regalis judex 1%, C'est par délégation du souverain que les vassaux exercent la juridiction civile. Nous voyons le comte Roger accorder cette dernière, mais se réserver la juridiction criminelle ©, De même le duc Roger accorde à l'abbé de la Cava la juridiction civile, mais se réserve la juridiction criminelle 16. Pour Roger IT et ses successeurs, on pourrait citer de nombreux exemples analogues 7, Souvent c’est parmi l'aristocratie que le

“Chart: Cup. 6 1Lpp- 112, 418,197, 131:

. Crudo, op. cit., p. 205.

Paesano op, Cu, il D. 119.

Crudo, op. cit., p. 208.

Di, Meo, opr.cit., t. IX, p.81.

Cod. dipl. Bar.,t. V, p.132.

Bibliotheca di Leo, Cod. Dipl. Brund. (diplôme de 1130). God, dipt. Bar:, t. Npp: 14, 452.

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