LES MAÎTRES JUSTICIERS
ment sa cause et fait entendre ses témoins, ou produit ses privilèges. Parfois, le jugement est rendu aussitôt ; mais souvent le défendeur demande que l'affaire soit renvoyée et fait ensuite traîner les choses en longueur, en ne comparaissant pas et en envoyant des excuses (ercusafio). Il est convoqué plusieurs fois (multotiens) soit par lettre, soit de vive voix ; quand il ne fournit pas d'excuse légitime, la curia passe outre et le jugement est rendu par défaut. Parfois, l'affaire se termine par composition !.
Les justiciers se recrutent parmi la noblesse, nous voyons‘en elfet ce titre pris par Guillaume de Pouzzole, Guillaume Avalerio ?, Renaud de Tusa, Avenel, le comte Bohémond, Didier de Paleario, Robert, comte des Abruzzes. le comte Richard *, Eudes de Celano, Jocelin, comte de Loreto *, Geotlroi, comte de Lesina ? (1173), Guillaume de San Severino f. Parfois le roi accorde à un seigneur le privilège d'être le Justicier de ses
terres 7.
Les maîtres justiciers. — Au-dessus des simples justiciers, nous trouvons des magistri justiciarii qui sont à la tête d’une ou deux provinces et qu'il faut distinguer des magistri justiciarii magne regie curie dont nous avons parlé à propos de la curia regis. Les maîtres justiciers sont à diverses reprises mentionnés par Falcand, mais nous ne possédons des actes émanés d'eux que pour une époque assez tardive.
En 1174, nous trouvons à Alerno, Robert, comte de Loritello, quitient un plaid en sa qualité de magister justitiarus Ÿ. Sur l'ordre du roi, il juge entre l’abbaye du Mont-Cassin et Renaud et Alexandre de Troia, un procès relatif à la possession de l’église Sant'Angelo de Barano, que lesdits Renaud et Alexandre
l. Battaglia; op: cit.,p. 82, cf. Eoffredo."op: cit: 1. "P ‘p.289: 2. Kehr, op. cit., p. 431.