TRAITÉ ENTRE INNOCENT II ET ROGER II
statutum visaientl'accord conclu entre Roger et Honorius etétaient destinés à sauver les apparences!'. À ce propos, on a accusé Innocent II d’avoir voulu cacher la vérité et d’avoir dit que c'était Honorius qui avait créé le royaume de Sicile. Pour laver le pape de cette accusation, on a voulu interpréter différem-
ment le texte de la bulle, mais, on peut difficilement admettre
une ponctuation donnant à la phrase un autre ton et un sens différent; aussi la correction proposée ne peut-elle guère se défendre*.
Par l'accord conclu avec Innocent II, Roger avait atteint le but qu'il poursuivait depuisla mort d'Anaclet ; la reconnaissance du royaume de Sicile par le pape assurait la légitimité du roi dont le royaume était non pas fief d'empire, mais fief du Saint Siège. La défaite d'Innocent II était complète et sur toute la ligne Roger II triomphait. Toutefois, lé roi consentit à faire au pape quelques concessions sur des points de détail; c'est ainsi qu'à Bénévent, où il accompagna Innocent I, le 1** août, Roger laissa déposer l'archevêque Rosseman qu'il recueillit d'ailleurs“.
A partir de ce moment, Roger II prit dansses diplômes le titre de Rex Siciliæ ducatus Apuliæ et principatus Capuæ*, titre que conserveront désormais ses successeurs.
Le succès de Roger et son accord avec le pape enlevaient aux villes rebelles tout espoir d’être secourues, aussi pendant le séjour à Bénévent, les délégués de la ville de Naples vinrentils faire acte de soumission au roi qui consentit à pardonner. Les Napolitains prêtèrent le serment de fidélité au roi et à son fils, Roger, qui se rendit à Naples pour recevoir le serment des habitants”.
Roger II quitta ie pape à Bénévent et se porta sur Troia. Les habitants de la ville se montrèrent fort penauds de la tournure
. Cf. Liber censuum, éd. Fabre, p. 16.
Cf. Bernhardi, op. cit., p. 169, et Vacandard, op. cit.,t. II, p. 61, n. 2. Falco Benev., loc. cit.
K. Ker, op. cit., p. 171, place ce changement en 1136. Caspar, op. eit., p. 239, accepte l'opinion que j'ai émise dans le Moyen äge, t. VIT, p. 303, et Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. XX, p. 169.