FÉLIX DUJARDIN
d'être nommé préparateur, fut délégué à Paris par le Maire de Rennes pour procéder aux achats des collections d'Histoire naturelle; il s'entendit à ce sujet avec Dujardin, qui se trouvait à cette époque dans la capitale, puis, sur la demande du Maire, il eut une entrevue avec le Ministre. Le récit de cette audience est .' "éressant; elle est racontée par Pontallié dans une lettre qu'il écrivit au Maire et dont j'extrais quelques passages caractéristiques. (^Archives municipales. R-9/4 )
Paris, 28 septembre 16*40,
il parait que M. Cousin n'accorde d'audience à personne. M. Dujardin m'a dit que sans le secours du baron Thénard, qui l'a introduit presque par surprise dans le cabinet du Ministre, il n'aurait jamais pu parvenir à obtenir un moment .d^audience ; aussi dois-je me regarder comme fort heureux d'avoir pu causer avec le dit Ministre pendant cinq minutes à sa réception du jeudi soir 24. Plus de cent cinquante personne** se pressaient autour de lui dans le salon, et sur vingt environ à qui il a parlé, j'ai été un de ceux qui ont obtenu des plus longues conférences (sic).
Il a surtout insisté sur son projet bien arrêté de donner à Rennes une Faculté de Médecine ; mais tout est subordonné au succès de la Faculté des Sciences. Le succès est immanquable de la part des professeurs qu'il nommera. Il trouve une franche et active, très active coopération de la part de l'autorité municipale. 11 tient surtout à ce qu'il appelle son bâtiment. Il faut qu'on lui donne très promptement ce bâtiment qu'on lui a promis; il craint qu'on ne recule, on devrait déjà avoir mis la main à l'œuvre, etc. . ., etc. . . J'ai répondu que la Ville, occupée en ce moment de l'emprunt que les Chambres l'ont autorisée à contracter pour cet objet, était disposée à agir aussitôt qu'elle aurait obtenu l'approbation des plans soumis en ce moment à l'examen du Conseil des bâtiments; que d'une autre part je venais prendre ses ordres pour l'acquisition du mobilier scientifique pour la réception et l'installation duquel on prépare en ce moment le local provisoire.
Très bien ! a-t-ii dit. Il faudra qu'avant de quitter Paris vous ayez vu M. Vatoni (?). Je presserai moi-même les choses, le Conseil des bâtiments n'allant pas vite en besogne.
Le doyen Dujardin retourna quelques jours après à Toulouse où il s'attardait probablement un peu trop au gré du Recteur, M. Dufilhol, qui lui écrit le 25 octobre 1840 la lettre suivante.
{Archives de la Faculté. — Dossier 2-1840.)
Monsieur le Doyen,
Je m'empresse de vous donner connaissance d'une lettre de M. le Ministre, datée du 23 octobre courant, et dans laquelle il autorise l'annonce des examens de la Faculté des Sciences pour la collation des grades dans les premiers jours du mois de novembre prochain.
€ Rien ne s'oppose, m'écrit-il, à ce que la Faculté soit installée le jour de la séance solennelle de rentrée et elle pourra procéder ensuite aux examens. Mais ce qui est surtout à désirer, c'est que quelques-uns des cours puissent s'ouvrir en même temps. Je vous prie de ne rien négliger pour en obtenir les moyens. Messieurs les Professeurs, de leur côté, se prêteront sans doute à tout ce que pourraient exiger les circonstances locales. Je vais les inviter à se rendre immédiatement à leur poste, afin que l'installation de la Faculté puisse avoir lieu au jour indiqué. >
Il est bien à désirer. Monsieur le Doyen, que vos affaires vous permettent d'être de retour pour assister à la séance d'installation qui aura lieu le 10 novembre.
Recevez, Monsieur le Doyen, etc. . .
Le Recieur de VAcadémit,