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LE LAVAGE DE LA TERRE (HET AA RDEWASCHENJ

(première partie)

Pour la fabrication de la faïence, trois sortes de terre sont nécessaires : la terre de Tournai, celle du pays du Rhin {Rhijnlandsché) ^ qu'on nomme aussi terre noire, et la terre de Delft. Ces espèces de terre, convenablement bêchées et préparées dans leurs lieux d'origine, diffèrent Tune de Tautre par la quantité d'argile qu'elles renferment (ce qui les rend plus ou moins grasses), et par leur couleur. On les amène, pour être purifiées et lavées, à des lavoirs spéciaux {aardwascherijen) y dont autrefois on rencontrait un très-grand nombre dans les environs de Delft, mais dont maintenant le chiffre, comme celui des faïenceries, a singulièrement diminué.

Ces lavoirs consistent en un emplacement découvert, de médiocre grandeur, situé le long de la rivière de Schie, et muni d'une maison qui sert d'habitation pour l'ouvrier. Le lavage s'opère de la manière suivante.

On prend six brouettes ordinaires de terre de Tournai, trois de terre du Rhin et deux brouettes de terre de Delft (i), en variant les quantités en plus ou en moins, suivant que le laveur le juge nécessaire d'après la qualité de la terre.

(i) La terre de Tournai fut souvent remplacée par des argiles du Brabant. Quant à la terre du Rijnland, c'était, à proprement parler, de la terre des environs de Leydc et même des environs de Delft.

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Ces différentes sortes de terre, étant convenablement sèches, sont jetées dans un énorme baquet ou bassin, qui se trouve, pour les deux tiers, enfoncé dans le sol, et qu'on a eu soin d'établir auprès d'un canal, afin de pouvoir, à volonté, le remplir d'eau.

On laisse la terre dans le bassin, recouverte par l'eau, jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment imbibée; ensuite on la tourne à Taide d'une pelle de forme spéciale (fig. jS), ayant soin

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Fig. 75. — Pelle à couper et à retourner la terre.

d'écraser contre les rebords du bassin les morceaux qui auraient conservé quelque dureté.

Ce mélange, opéré avec soin, est jeté ensuite dans un tamis de cuivre, à l'aide d'un seau emmanché au bout d'un

Fig. 76. — Seau pour verser la terre dans le tamis.

long bâton (fig. 76). Le tamis, qui consiste, comme l'indique notre figure 77, en un grand chaudron de cuivre percé d'une infinité de trous, est enchâssé dans une lunette de bois. On

ï'^8' 77' — Tamis en cuivre pour passer la tefre.

le place au-dessus d'un cUvier destiné à recevoir la bouillie qui filtre au travers du tamis. Ce cUVier, muni d'une ouverture assez élevée àu-dôssus du sol, %si mis ^n communication par

La fabrication. i63

un tuyau avec un grand bassin carré dont les planches latérales sont enfoncées dans le sol à deux pouces de profondeur et dépassent celui-ci d'environ neuf pouces. Le fond du bassin doit être d'une grande dureté.

Le mélange passe par le tuyau pour se rendre du cuvier dans le grand bassin^ dont on a soin de garnir le fond avec du sable fin, pour que le mélange ne puisse s'y attacher. Lorsque le bassin est rempli, on le laisse quelque temps en repos afin que la terre ait le temps de se déposer au fond. Puis, quand Teau est clarifiée, on la fait échapper par un trou qu'on avait eu soin de tenir clos jusque-là. Cela fait, on abandonne la terre à elle-même pour qu'elle sèche.

Lorsque la terre a obtenu le degré de sécheresse convenable, on la coupe avec une espèce de crochet (fig. 78), on la débitç

Fig. 78. — Crochet pour couper la terre sèche.

par morceaux carrés qu'on place sur le côté pour qu'ils continuent de sécher; puis, après les avoir brossés avec soin pour enlever le sable qui a pu y demeurer attaché, on transporte la terre ainsi préparée aux faïenceries.

Un coup d'œil fixé sur notre figure 78 fera saisir, dans leur ensemble, les différentes parties de cette première opération.

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LE FOrLAGE DE LA TERRE (DE AARDETRAPPER).

Lorsque la terre est arrivée à la fabrique de faïence ^ on la descend dans des puits maçonnés préparés à cet effets et on Farrose de temps en temps pour la conserver molle el malléable.

Lorsquon a besoin de terre, un ouvrier qu'on appelh de aardetrapper vient en chercher dans ces puits; il h jette de façon à former un tas assez élevé sur un plancher d( bois, qu'il a eu soin de saupoudrer de sable. Les pieds nus il monte sur le tas et commence à le fouler, en lui donnant un( forme circulaire, jusqu'à ce que la masse écrasée ait pris \* forme d*un gros gâteau rond [eengroote ronde koek).

Lorsque la terre a été suffisamment foulée et massée dc^ cette façon (opération qu'on fait le mieux avec les pieds nuS:, parce qu'on peut ainsi découvrir les parties résistantes et les écraser ou les séparer du tas), on la divise en morcearxx: carrés qu'on pétrit de nouveau et qu^on porte ensuite à Touvri^^ tourneur.

La terre qui sert à la confection des kokers (?) et des tuiles^ et qui se compose de terre noire, ou de terre d'Oosterhou^^ ou encore de terre de la Tamise, est travaillée de la ménr»^ façon.

La fabrication.

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