‹ Histoire de la faïence de Delft (volume 2)Chapitre 18 sur 304 · LA MISE EN PLACE {,HET ZETTEN · texte numérisé non relu

LA MISE EN PLACE {,HET ZETTEN

On appelle mettre en place {{etten) l'action de remplir le four^ opération dont est généralement chargé le chef des vloerwerkers, qu'on désigne sous le nom de {etter, ou encore sous celui de stooker.

Le premier soin de cet ouvrier est de disposer en murailles les rangées d'étuis qui garnissent la paroi du fond. Chacun de ces étuis renferme^ on l'a déjà vu, une certaine quantité de vaisselle. Une fois un étui mis en place^ on pose sur son sommet une tuile plate, et sur cette tuile un nouvel étui, formant ainsi des piles successives de neuf, dix et onze étuis.

Commençant par le fond, les premiers étuis qu'on place contre le mur doivent renfermer des poteries déjà cuites et ayant reçu l'émail. Ces étuis sont disposés de telle façon qu'ils se touchent presque, et les petits vides qui demeurent entre eux sont remplis à Taide d'autres étuis de moindres dimensions. On consolide les colonnes formées de la sorte au moyen de fils de fer, de façon qu elles ne puissent s'incliner et tomber les unes sur les autres. On réserve pour les rangées inférieures les pièces qui ont besoin de la plus haute température, et Ton gradue ainsi à mesure qu'on s'élève jusqu'aux plus hautes rangées, pour lesquelles on a soin de réserver les pièces qui ont le moins besoin de chaleur.

La partie postérieure du four, se trouvant naturellement la plus éloignée de la bouche du foyer, reçoit ainsi les pièces qui réclament la température la moins élevée.

igo Histoire de la Faïence de Delft.

Lorsque le four est garnie dans sa largeur, par des rangées de colonnes de dix ou onze étuis de hauteur, il reste encore au-dessus de ces rangées un emplacement libre, notamment l'espace compris entre les courbures de la voûte. Cet emplacement étant destiné à recevoir les poteries grossières [ruwwerk), on organise sur le sommet des étuis une espèce de plafond fait avec des tuiles plates ; sur ces tuiles on dépose les faïences grossières, ayant soin de glisser les petites pièces entre les grandes, de façon qu'il ne reste pas de vides entre elles, emplissant les pots de chambre, cuvettes, etc., avec d'autres objets de petit volume. Lorsqu'on a ainsi rempli tout le fond du four, on procède de la même façon pour le milieu et enfin pour la partie antérieure. Mais, comme cette dernière partie doit subir le feu depuis le commencement jusqu'à la fin, on a soin de ne mettre dans les étuis inférieurs que des pièces communes qui ne craignent pas d'être endommagées.

Le four étant plein, on ferme la porte. Pour cela, on fait usage de briques ordinaires, dont on élève un mur, sans mortier. Ce mur construit, on le plâtre à l'extérieur avec des débris de poteries brisées en petits morceaux et mélangées avec du sable. Cet enduit ayant été fixé à la main, on prend une brosse mouillée, et on le frotte pour Tégaliser et Tempêcher de se crevasser. Toutefois, si, malgré ces précautions, quelques crevasses venaient à se produire pendant la cuisson, on devrait s'empresser de les boucher avec soin.

La fabrication. igi

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