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PLANCHE XI. CAGE POLYCHROME ET DOREE, AVEC LE DETAIL DE LA BASE

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décadence, que, depuis quatorze années, un tiers d^entre elles a été démoli..., et une grande partie des ouvriers, qui gagnaient jadis largement leur existence, sont aujourd'hui forcés de tendre la main et de s'adresser aux établissements charitables ».

Fig. 70. — Assiette à décor japonais (camaïeu bleu). (Collection de M. P. Casnault, à Paris.)

Ce commerce avec l'Angleterre avait pris en quelques années de telles proportions que le faïencier anglais Turner (1) avait créé des modèles spéciaux munis d'inscrip-

(i) Les faïences de Turner sont ces affreuses assiettes jaunes avec des décors rouges, à personnages grossiers et criards. Ces assiettes fort communes ont été restituées à Turner par M. Willam Chaffer. Celles qui portent la marque du

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tions hollandaises^ pour faire importer en Hollande. Ses modèles et ses qualités de faïence avaient été si favorablement accueillis par le public hollandais, qu'ils furent repris^ à Delft même, par les faïenciers du pays; et Sanderson et Bellaert d'abord, le capitaine Piccardt ensuite, non-seulement copièrent les produits de Turner, mais allèrent jusqu'à employer des ouvriers anglais.

Cette dernière physionomie de soldat-faïencier (je veux parler du capitaine Piccardt) est assez intéressante, du reste, pour que nous lui consacrions quelques lignes. La politique violente qui signala, en Hollande, les dernières années du dix-huitième siècle, avait partagé le pays en deux partis très-tranchés : les Orangistes et les Patriotes. Delft, non plus que ses faïenceries, ne fiirent exempts de cette division. Chacun dut prendre parti; et alors que Gerrit Paape s'acquérait la renommée d'un patriote ardent, Piccardt, au contraire, se rangeait avec passion parmi les partisans de la maison d'Orange.

Quand la révolution eut éclaté dans les Pays-Bas, et quand les Français eurent proclamé la république batave, Piccardt, privé de son commandement, se jeta dans l'industrie; il reprit la fabrique de la Bouteille de porcelaine, de porcelaine flesch, et, pour être sûr de n'avoir pas de républicains sous ses ordres, il engagea, de l'autre côté du détroit, des ouvriers anglais.

C'est alors que de tout côté se répandit ce déluge d'as-

céramiste sont assez rares. On en rencontre, toutefois, dans diverses collections, notamment dans celle de M. Henry Howard, secrétaire de la légation britannique, à la Haye.

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siettes patriotiques, contrefaçon des œuvres de Turner^ avec le portrait de Guillaume V^ assiettes qui, dans toutes les familles, furent chargées de rappeler la dynastie nationale, légitime, proscrite et prête à revendiquer ses droits.

Heureusement, les rares fabricants qui restaient encore à Delft ne comprirent pas tous de cette façon un peu exclusive Tamour de leur patrie. D'autres restèrent fidèles tout au moins aux anciens procédés, et les produits qui nous sont parvenus de ces céramistes in extremis sont encore fort dignes de remarque. Je n'en citerai pour preuve qu un charmant plat à barbe, qui porte la signature de H. Van den Bosch, la date de i8o3, et qu'on peut voir encore aujourd'hui à Delft chez M. G. de Kuizer, pour Tancêtre duquel il a été fabriqué.

Cette petite pièce, toute chargée de sujets allégoriques, rappelle le meilleur temps ; mais c'est un peu une œuvre exceptionnelle. Ces ouvrages délicats étaient en quelque sorte le chant du cygne de l'industrie delftoise. Peu à peu les fabriques s'éteignirent. La Lampette disparut pendant l'occupation française (m den franschen tijd)j comme on dit encore aujourd'hui, c'est-à-dire entre 1810 et i8i3. Le Pot de fleurs fut démoli aux environs de 181 6. L'A grec cessa de travailler quelques années plus tard. En 1840^ la Griffe se fondit avec les Trois Cloches, dont les propriétaires cédèrent l'emplacement à rÉtat pour agrandir l'arsenal. Et cette dernière fabrique continua jusqu'en i85o à représenter à Delft, conjointement avec la Bouteille de porcelaine^ la grande industrie de la faïence, aujourd'hui disparue*

Mais, fait digne de remarque, alors que les demoiselles Piccardt, les filles du capitaine céramiste > laissaient péri*

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cliter entre leurs mains l'établissement qu'elles avaient hérité de leur père, la fabrique des Trois Cloches, demeurée fidèle aux procédés anciens, continua jusqu'en i85o, sous l'habile direction de MM. J. Van Putten et O, à produire des œuvres élégantes j et, sans le monogramme qui les signe, ces œuvres pourraient être attribuées aux bons céramistes du siècle dernier.

En i85o, les bâtiments des Trois Cloches furent vendus à leur toiir à l'hospice communal. Aujourd'hui, il ne reste plus des trente usines de Delft qu'un seul four de faïencier : celui de l'ancienne Bouteille de porcelaine, dont un jeune ingénieur, M. Thooft, se sert pour cuire des briques réfractaires.

Pour que cette étude soit complète, il nous faut maintenant restituer les procédés des anciens fabricants. La meilleure restitution que nous en puissions donner est la brochure de Gerrit Paape, contemporain de la febrication et fabricant lui-même. C'est par la traduction de cette plaquette, très-rare aujourd'hui, que nous terminerons la première partie de notre travail.

Fig. 71. — Crachoir porta ni la signature de Van Putten et la date de 1848. (Appartenant à M. J. Soutendam.)

Fig. 71. — Détails de la fobricalion des Talences, empruntés décoré en caraaieu ei appartenant à M. Évenepoel.

LE faïencier

ou FAURICANT D OUVRAGES EN TERRE, DE REI.FT

IDe Plateelbacker ofDelftsch aardewerkmaaker.)

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