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AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR

E livre que nous oflrons aujourd’hui au public est le résultat de longues et patientes recherches.

Pendant dix ans nous avons recueilli, dans les principales collections de l’Eu- rope , les documents céramiques qui

chrome, appartenant àj ’J ‘,1 J'

devaient lui servir de point de de-

Fig. 2. — Statuette poly hrome, appartenant M. Cussac, à Lille.

part , et pendant cinq ans , remontant aux sources mêmes, nous avons fouillé, en Hollande et en Bel-

oAvertissement de Vauteur.

gique, les bibliothèques et les archives pour rattacher les fils sans cesse brisés de cette difficile étude.

Ce travail est-il définitif? — Nous le croyons. Avant lui tout était mystère dans la faïence de Delft. La date de ses commencements était inconnue; les noms des principaux artistes qui lui consacrèrent leur talent étaient ignorés; enfin on ne savait rien de ses origines, de sa marche, ni de ses développements. Aujourd’hui, grâce à nos efibrts, tous ces points se trouvent éclaircis d’une façon non-seulement plausible, mais encore certaine. L’époque de sa naissance est définitivement fixée; le jour est fait sur son existence, et aux trente -quatre noms de céramistes qui étaient parvenus jusqu’à nous authentiqués par des documents publics, nous en avons ajouté plus de sept cents, retrouvés dans des actes officiels, et par conséquent à l’abri de toute espèce de contestations.

Est-ce à dire que ce livre soit exempt de fautes et de lacunes ? — Assurément non. Il faudrait n’avoir point conscience de l’énorme quantité de documents qui ont défilé sous nos yeux pour exiger de lui une perfection impossible. 11 fiiiidrait surtout ne pas soupçonner les difficultés sans nombre

oAvertissement de V auteur.

qu’on éprouve à reconstituer, à deux siècles d’intervalle, la biographie de près de huit cents petits bourgeois, parfaitement obscurs, pour oser croire ou pour oser dire qu’il n’a pu se glisser dans un pareil labeur ni une erreur, ni une omission.

Mais les soins et les précautions de toutes sortes que nous avons apportés dans cette longue et pénible tâche, la méthode scientifique que nous avons constamment employée, nous permettent d’affirmer que ces erreurs ou ces omissions, s’il en existe, n’ont aucune importance sérieuse, et ne peuvent modifier en rien les grands traits de l’histoire céramique de Delft, telle quelle ressort de notre travail.

Nous ne nous sommes, en effet, abandonné à aucune déduction sans avoir assis nos prémisses sur des documents irréfutables. Nous n’avons rien affirmé dont la certitude ne fût pour nous solidement établie; et pour que cette certitude passât de notre esprit dans celui du lecteur, nous n’avons jamais manqué de fournir nos preuves , ou tout au moins d’indiquer les sources où nous avions puisé.

Cette manière de procéder nous était imposée, du reste, par les erreurs de toutes sortes et les étranges inventions que, sans souci de la vérité

divertissement de l’auteur.

historique, certains de nos devanciers avaient trop légèrement propagées. Toutefois, nous avons fait notre possible pour conserver à notre travail un cachet essentiellement artistique, pour lui laisser un caractère aimable, pour en faire, en un mot, un livre d’agrément. — Puissions -nous y avoir réussi.

Pour faciliter la lecture et l’étude de VHistoire de la Faïence de Delft, nous avons divisé celle-ci en deux parties. Dans la première, qui comprend les développements historiques, nous nous sommes efforcé de faire revivre cette noble industrie, sur son sol, dans son milieu et dans son temps. Nous avons décrit le pays où elle est née; nous avons raconté les causes qui ont provoqué sa naissance et son développement; nous avons expliqué de notre mieux les institutions qui ont fait sa force et les procédés qui ont fait sa richesse.

Cette première partie, que nous avons rendue aussi peu technique et aussi peu spéciale que possible, s’adresse, nous ne craignons pas de le dire, à tous ceux que l’Art intéresse ou préoccupe. A une époque, en effet, où l’on commence à comprendre que les professions artistiques sont une des sources de richesses les plus fécondes d’un État , il n’est guère

oAvertissement de l’auteur.

permis de se montrer indifférent à fhistoire d’une industrie d’art aussi justement célèbre que la Faïence de Delft.

Notre seconde partie, au contraire, regarde plus spécialement les amateurs et les « curieux » . Elle renferme les biographies des sept cent soixante - cinq céramistes dont nous avons découvert les noms. Et c’est là que les collectionneurs trouveront les renseignements nécessaires pour faire, avec toute la certitude désirable , l’attribution des pièces qu’ils possèdent.

Cette seconde partie s’adressant à des esprits préparés et instruits, toutes nos biographies ont été réduites au strict nécessaire, c’est-à-dire aux faits essentiels. Evitant avec soin toutes les digressions et les appréciations inutiles, nous nous sommes borné aux indications fournies par l’état civil, aux renseignements relatifs à la carrière industrielle , et , quand la production nous était connue , nous avons indiqué, en même temps que ses caractères typiques, les marques et signatures qui pouvaient en faciliter le classement. Enfin, pour éviter des redites et toutes ces complications de notes et de renvois qui fatiguent le lecteur et le déroutent ,

oAvertissement de l’auteur.

nous avons, dans un Avertissement placé en tête de nos biographies , fourni des indications précises qui permettront aux chercheurs de se reconnaître facilement dans les deux cents volumes manuscrits qui ont servi de base à notre travail.

Malgré ces explications et les facilités de recherche qui en résultent , notre livre , toutefois , eût été incomplet si nous n’avions pris soin de le terminer par des tables détaillées. Ces tables sont au nombre de cinq. La première renferme les noms des cinquante - cinq collections oîi nous avons puisé nos exemples. Tous ceux qui savent le nombre considérable de galeries publiques et privées que nous avons visitées et étudiées s’étonneront peut-être de ce chiffre restreint. Mais en limitant, dans la mesure du possible, le nombre de collections citées dans notre livre, nous avons pensé faciliter la tâche de ceux qui voudraient contrôler de visu nos appréciations.

La seconde de nos tables contient les noms de tous les céramistes mentionnés dans notre travail. On remarquera que cette table a été conçue dans un nouvel ordre systématique, et que pour sa confection nous nous sommes guidé exclusivement sur les initiales. Cette méthode nouvelle est destinée à rendre les re-

oApertissement de l’auteur.

cherches plus faciles. Comme la plupart des faïences se classent par leurs marques, et que ces marques consistent presque toujours dans des monogrammes, nous avons pensé qu’un classement par initiales permettrait d’embrasser d’un coup d’œil les divers producteurs auxquels les signatures peuvent se rapporter, et abrégerait ainsi les recherches.

Nos autres tables concernant les chapitres et les gravures ne présentent aucune particularité spéciale.

Ici se terminent les explications que nous avons cru devoir soumettre au lecteur; il ne nous reste plus qu’à offrir nos remerdments bien sincères aux érudits qui nous ont facilité l’accès des dépôts publics et aux amateurs qui nous ont ouvert leurs propres collections. C’est particulièrement à M. le bourgmestre de Delft et à M. J. Soutendam, secrétaire de la ville, à MM. Van den Berg, de Jonge et Hingman, des Archives royales néerlandaises, à nos savants amis M. Campbell, directeur de la Bibliothèque royale de la Haye, Édouard Fétis , conservateur de la Bibliothèque royale de Bruxelles, et Champfleury, directeur du Musée de Sèvres, que nous adressons ces remerdments. Le gracieux empressement qu’ils ont mis à nous laisser

oAvertissement de l’auteur.

fouiller dans les trésors dont ils sont les gardiens a singulièrement facilité notre tâche, et c’est en partie à ces richesses inexplorées que nous devons d’avoir pu restituer d’une façon claire et précise X Histoire de la Faïence de Delft.

Fig. 3. — Petite plaque polychrome.

(Collection de M. John F. Loudon, à la Haye.)

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