ÈME GÉNÉRATION
Jacques Courteraanche et Marie-Anne Migeon.
De ce mariage sont nés :
i° Marie-Anne, mariée le 7 octobre 1747 à André Vandandaigue dit Gadbois. à St- Antoine de Chambly. Elle mourut à l'endroit même où se trouve aujourd'hui l'asile St-Victor de Belceil. (1)
20 Jacques, marié le 5 mars 1753 à Marie Amable Godu; à Varennes.
30 Marie Louise Angélique, baptisée en 1732 et mariée le 9 février 1768 à Olivier Durocher, à St Antoine de Chambly, et inhumée là même le 2 mars 1793 à l'âge de 61 ans.
(1) L'abbé Tanguay fait erreur, dans son dictionnaire généalogique, en la mettant fille d'Antoine Courtemanche, tandis qu'elle est fille de Jacques, comme cela est constaté par les Registres de St Antoine, Rivière Chambly.
Après sa mort on trouva autour de son corps une chaîne qu'elle portait, et qui était entrée dans sa chair. Les morceaux de cette chaîne furent distribués aux plus proches parents, qui les conservèrent respectueusement.
On rapporte qu'elle était devenue si grosse qu'il fallut élargir la porte de son banc à l'église, pour lui donner la facilité d'y entrer.
Elle fut la grand'mère des trois prêtres Durocher, tous frères, Flavien, Théophile et Eusèbe, qui eux-mêmes avaient pour sœur une religieuse, qui fut la fondatrice de la communauté des Sœurs de Jésus Marie. Elle portait le nom d'Eulalie. Après plusieurs années passées dans le monde,sans cependant vivre de l'esprit du monde, elle se voua à la vie religieuse, et établit avec trois autres filles pieuses la communauté des Religieuses de Jésus-Marie à Longueuil. Elle est devenue supérieure de la communauté et est morte avec la réputation d'une personne de piété extraordinaire, même au dire de Mgr Bourget, ce qui n'est pas peu dire. Un jour que TEvêque de Montréal devait présider le Chapitre de la Communauté, il déclara, en entrant
dans la salle du chapitre, qu'il venait d'être guéri subitement d'un grand mal de tête par l'intercession de Sœur Marie Rose, nom qu'elle portait en religion. Sa mémoire est en grande vénération dans la communauté des Sœurs d'Hochelaga, et on prétend avoir obtenu des grâces signalées par son intercession. Elle eut aussi une sœur plus âgée qu'elle, du nom de Séraphine, religieuse de la Congrégation de N.-D. sous le nom de Sœur Ste-Cécile. (Note du Revd P. O. Allaire, neveu de ces deux religieuses, par sa mère Geneviève Durocher, qui était leur soeur.)
4° Louis, baptisé en 1733, marié i° à St- Antoine de Chambly le 27 novembre 1758, à Marie Joseph Allard, 20 à Elisabeth Brault.
50 Joseph, tué au siège de Québec en 1 760.
6° Jean Marie, marié i° à Marguerite Tétreau, et 20 à Marie Thérèse Robillard.
7° Louis François, baptisé en 1 740 et marié à St- Antoine de Chambly le 25 novembre 1765 à Marguerite Durocher.
8° Jean Baptiste^aptisé en 1742, marié à
St- Antoine de Chambly le 8 février i 768, à Madeleine Bousquet.
Jacques Courtemanche fut baptisé le 12 décembre 1695 à la Pointe aux Trembles de Montréal, et se maria à l'âge de vingtneuf ans, le 21 janvier 1725, à St- Joseph de la Rivière des Prairies, avec dispense de trois bans, obtenue de Mr de G-ondalie, Grand Vicaire de Monseigneur l'Evêque de Québec, à Marie- Anne Migeon, âgée de 21 ans, fille de Daniel Migeon, Sieur de LaGauchetière par sa grand'mère, qui portait le nom de Catherine Gauchet, cousine de Mr Gabriel Souart, 1er curé de Montréal. Il était lieutenant, aide-major et chevalier de St-Louis ; c'est lui qui a donné son nom à la rue Lagauchetière de Montréal, et son père Jean-Baptiste Migeon de Bransac, autrefois avocat au Parlement de Paris, était Lieutenant Général à Montréal. Jacques Courtemanche vint s'établir cinq mois après son mariage à St- Antoine sur la Rivière Chambly, sur une terre du bord de l'eau, en bas du village, actuel. Cette terre, de 4 arpents sur 40, lui fut concédée, le 15 juin 1725, par le 1er Seigneur, Antoine Pécaudy, Sieur de Contre-
cœur, arrivé au pays en j 665, officier dans le régiment de Carignan. Cette seigneurie lui avait été concédée par Louis XIV, roi de France, le 29 octobre 1672. Talon, intendant du roi, avait signé l'acte de concession de la seigneurie.
Cette terre avait été concédée à Jacques Courtemanche à la charge de payer, à perpétuité et annuellement à la St-Michel, un quart de minot de blé froment par chaque arpent de front, et un sous de rente par chaque arpent en superficie. Cette terre fut divisée plus tard entre Louis François Courtemanche et son beau frère Olivier Durocher, grand-père de la fondatrice des Sœurs de Jésus Marie en [843. Les propriétaires actuels de cette terre sont du côté d'en haut, 2 arpents, à Ferdinand Lachance, et du côté d'en bas, 2 arpents, à Henri Archambault. Cette terre fut le bien paternel des Courtemanche pendant 140 ans, depuis 1725 jusqu'à 1865, époque de la mort de François Courtemanche, surnommé le croche, parcequ'il était infirme. Le contrat de concession de cette terre est le troisième, fait à St-Antoine.
Le 4e acte de concession fut fait par le
même seigneur à la même date, 15 juin [725 de 15 arpents de front sur 40, à Pierre, Jean, Antoine, Jean-Baptiste et Barthélémi tous les cinq, frères de Jacques, leur aîné, aux mêmes conditions que la précédente concession. Ce terrain touchait celui dp Jacques, sur la rivière en montant, et se rendait à peu près à la route en bas du village.
Lorsque ses frères venaient de la Rivière des Prairies pour travailler sur leurs terres, qu'ils avaient prises en concession, en été ils faisaient le tour par Sorel en canot, et en hiver ils venaient sur la glace à Contrecœur, et traversaient la presqu'île de deux lieues de large à travers le bois.
Le 1er juin 1739, Jacques Courtemanche prit une autre terre en concession, dans le rang des quarante, au bout de la sienne, encore de 4 arpents sur 30, et le 10 avril 1746, ses frères prirent aussi en concession au bout de leurs terres dans le rang des quarante, 8 arpents sur 30. L'ancien presbytère en pierre, de St- Antoine a coûté de répartition six francs par arpent en culture, sur le rang de la côte, et trois francs de l'arpent pour les autres rangs.
Ce Jacques Courtemanche mourut à l'âge de 87 ans, et fut inhumé sous le chœur de l'église de St-Àntoine le 21 septembre 1 78 1, à titre de 1er chantre de la paroisse. Etaient, présents à l'inhumation, Louis François, Louis, Jean Marie et Jean Baptiste, ses enfants.