‹ Histoire de la famille Courtemanche, 1663-1895Chapitre 9 sur 10 · ÈME GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

ÈME GÉNÉRATION

Narcisse Courtemanche et Angélique Gosselin. De ce mariage naquirent :

i° Léandre, marié à Hermine Dufault.

20 Adéline, qui fut baptisée à St-Jude un mardi, le 10 juin 1845, par M. Ginguet, alors curé, et à l'âge de 19 ans, elle se maria à Jean Baptiste Allaire, voiturier de St. Barnabé, et elle eut huit enfants : Arthur, baptisé à St- Barnabé parle curé, M. Alfred Desnoyers, le 22 juillet 1866, il devint prêtre. Amanda, baptisée le 30 janvier 1868, mariée aux Etats- Unis, à Auguste Provost, boulanger. Cômr Damien, baptisé à St-Jude le 27 septembre 1869, encore garçon chez son père, à Worcester, Etats-Unis, exerçant le métier de charpentier. Marie-Herminie, baptisée à St-Jude le 16 mai 1 871, décédée à Worcester, Etats- Unis, le 25 mars 1887. Marie Azama, baptisée aux Etats-Unis, le 31 mars 1874, mariée

en 1893, aux Etats-Unis à Joseph Rousseau, mécanicien. Alphonse Orphidas, baptisé le 30 octobre 1876 aux Etats-Unis, demeurant actuellement chez son père, à Worcester. Marie- Aurélie Léa, baptisée à St-Jude, le 21 novembre 1878, actuellement pensionnaire au Couvent de St-Ours, par la générosité de son frère Arthur, prêtre et vicaire à St-Denis, Rivière Chambly. Et un autre enfant mort avant sa naissance, alors que la mère mourut à Westboro, Mass., Etats-Unis, à l'âge de 37 ans, au mois d'octobre 1882. Son corps fut inhumé dans le cimetière de St-Jude.

30 Joseph Israël, qui fut baptisé un lundi, par M Provençal, alors curé de St-Jude. Il devint prêtre.

40 Aurélie, qui fut baptisée un dimanche, le 24 décembre 1848, par M. Provençal ; à l'âge de 27 ans, elle se maria à William Wilson, Ecr., marchand de St-Jude, et elle eut six enfants, dont quatre sont morts. Les survivants sont Alice et William Wilfred, tous deux baptisés à St-Jude.

50 Marie, qui fut baptisée à St-Jude, par un Jésuite, le 1er septembre 1850. Elle demeura fille et alla demeurer au presbytère,

chez son frère, Joseph Israël Courtemanche, curé de West Shefford.

6° Olivier qui ne vécut que deux jours.

Narcisse Courtemanche fut baptisé le jour de sa naissance, à St Antoine de Chambly, le 1 8 novembre 1823, par M. Alinotte, alors curé du lieu. Son père, Jean Baptiste, âgé de cinquante-deux ans, ayant donné l'héritage aux enfants du prenver lit, se donna à rente à St Antoine, à un nommé Firmin Perrin qui eut ses deux terres, celle du bord de l'eau et celle des quarante. Il vint s'établir vers 1825 à St Jude qui venait d'être érigé en paroisse en 1822, et se fixa sur la rivière Salvail du coté nord, pour y vivre du revenu de sa rente. Narcisse Courtemanche n'avait que deux ans lorsqu'il s'est rendu avec son père à St Jude, là où il a toujours demeuré depuis. Parvenu à l'âge de 18 ans, il s'acheta une terre de 3 arpents de large sur 30 de haut, au sud de la rivière Salvail, à environ douze arpents en haut de la chapelle.

Narcisse Courtemanche se maria en 1843 à St-Jude, à l'âge de 19 ans, à Angélique Gosselin, dont le père Amable Gosselin, et la mère Catherine Dupré demeuraient

au 4e rang de St-Jude. Quelque tempp après son mariage, il alla s'établir sur sa propriété qui était en bois debout, nettoyant un petit morceau de terre pour y ériger une maison en bois de vingt pieds carrés. Quelques années après, son père qu'on appelait Baptiste François, parce qu'il était fils de Louis François, se donna à rente à lui, et ils demeurèrent ensemble. C'est de concert qu'il travaillèrent à ouvrir la terre que possède maintenant Léandre Courtemanche. Ceci rappelle un petit incident qui fut raconté souvent par le fils Narcisse Courtemanche.

Lorsqu'ils travaillaient ensemble à la terre, et qu'ils avaient quelques souches bien pesantes à arracher, quand le père Jean-Baptiste, alors âgé de 75 ans, se reprenait avec son levier, le fils Narcisse lui disait : Dépêchez-vous ça m écrase, et quand le père se reprenait, son père lui disait : Prends ton temps, je suis bien accoté. Pourtant que Narcisse Courtemanche est un homme hors du commun, d'une taille démesurée, six pieds et un pouce et demi de grandeur et pesant 250 livres. Lui aussi, Narcisse Courtemanche était bien fort. Un jour que le père Joseph Tri-

chon, boulanger du Village de St-Jude, était venu acheter chez lui un quart de fleur, pendant qu'il plaçait sa voiture près du hangar pour charger son quart de fleur, Narcisse Courtemanche, seul, prend le quart et l'embarque dans la charrette à poches, en le passant pardessus les héridelles. Alors, le père Trichon lui dit : Ecoute donc Narcisse, cest pas un quart vide que je suis venu acheter. — // ri est pas vide non plus, soulevez-le. Il embarque dans la voiture et s'apercevant que le quart était bien plein, il lui dit : Mais t'es ben foit ! — Pas absolument, lui répond Narcisse, ça ne pèse que 200 Livres.

Son père, Jean-Baptiste Courtemanche possédait des reins extrêmement forts. Une fois il avait gagé qu'il couperait deux arpents de blé à la faucille, dans sa journée entre deux soleils et il a gagné sa gageure. Même parvenu à l'âge de quatre-vingts ans, il aimait à répéter qu'il avait bûché encore quatre- vingt cordes de bois dans son année. Arrivé à l'âge de 88 ans et quelques mois, le 20 décembre au matin, de l'année 1861, il appela son fils Narcisse pour l'aider à se lever et lui dit : cest drôle, je ne suis pas malade et je suis faible,

je suis parvenu à l'âge de mon grand père Jacques et de mon père Louis- François, 88 ans, je crois que je vas mourir. Et il disait vrai. Sur le soir de la même journée, le 20 décembre 1861, une faiblesse le prit, on courut chercher le curé, le Révd. Charles-Edouard Fortin, qui l'administra, et il mourut aussitôt après, sans douleur ni maladie. Aussi il n'avait jamais été malade de sa vie. Il ne connaissait pas ce que c'était que la maladie. Son fils Narcisse en tient ; lui aussi, à venir jusqu'à aujourd'hui, ce 1er septembre 1893, ^ n'a jamais eu une heure de maladie. Le père Jean Baptiste Courtemanche fut enterré dans le cimetière de St-Jude, et quatorze ans plus tard, son épouse Marguerite Payan dit St- Onge, étant morte, elle aussi, à l'âge de 88 ans, sans maladie, elle non plus, si ce n'est un petit rhume, elle fut administrée par le Révd. Edmond Lessard, alors vicaire à St- Jude, et fut enterrée près de son mari, au mois de mars 1875 et vers 1880, leur petit fils, le Révd. Joseph- Israël Courtemanche, alors curé de West Shefford, a fait élever sur leur tombeau, à ses frais, un monument en marbre du prix de $12.00, le premier en ce

genre, qui ait été posé dans l'ancien cimetière de St-Jude, et cela en reconnaissance de l'amour qu ils lui avaient toujours témoigné tous les deux.

Au mois de février 1858, Narcisse Courtemanche fut élu conseiller de la paroisse de St. Jude, charge qu'il a exercée durant six années, et durant la dernière, il fut élu maire de la paroisse. Il fut aussi juge de paix, durant bien des années, commissaire de la petite cour, président des syndics pour la réparation de l'église de St-Jude, et la construction du presbytère en briques, à deux étages, commissaire d'écoles, et en l'année 1875 il fut élu marguillier. Enfin, il passa par toutes les charges de la paroisse.

A l'âge de 58 ans, en 1882, ayant vendu une de ses terres, celle de Salvail, à son fils, Léandre Courtemanche, il alla demeurer au village, dans la maison de son gendre, Jean- Baptiste Allaire, qui partait pour les Etats- Unis, vivant de l'intérêt de son argent, lorsque deux ans après, le 3 novembre 1884, qui était le jour des morts, cette année-là, la mort vint lui enlever son épouse. Angélique Gosselin, qui mourut d'une attaque de maladie de cœur

après une heure seulement de maladie, au presbytère de St-Louis de Bonsecours où elle se trouvait en promenade chez le curé, son fils, le Révd. Joseph Israël Courtemanche, lequel lui administra les derniers sacrements. Alors, Narcisse cessa de tenir maison et alla se mettre en pension chez son fils Léandre, dans son ancienne maison de brique qu'il avait bâtie lui-même en 1857, et sur son ancienne terre de Salvail qu'il avait défrichée de ses mains. Et depuis l'automne 1889, il demeure au presbytère de St-Roch de Richelieu, chez son fils, Joseph-Israël Courtemanche qui y est curé, là où il vient de mourir le 13 juin 1895 à cinq heures du matin, après une maladie d'environ six mois, causée par le diabète, et soufferte avec résignation, après avoir reçu tous les derniers sacrements de l'église, par le ministère de son fils, Joseph Israël Courtemanche, curé de la paroisse de St-Roch. Son corps fut inhumé à St-Jude, paroisse où il a toujours demeuré excepté ces six dernières années. Durant toute sa carrière il n'a manqué la grand'messe que les quatre derniers dimanches de sa vie, ayant été empêché de l'entendre par la ma-

ladie. Bel exemple à suivre de nos jours par ceux qui se dispensent trop facilement de l'obligation d'entendre la messe le diman che. Et pendant les dernières années de sa vie il passait la plus grande partie de son temps dans l'Eglise, à lire dans son livre de prières, ce qu'il appelait réciter son bréviaire, ou à dire des chapelets croisiers, afin disait-il, de racheter son temps de purgatoire. Son épouse, Angélique Gosselin, avait aussi été la femme forte de l'Evangile, s'occupant du soin de son ménage, et aidant son mari aux travaux des champs, selon que les circonstances le lui permettaient, ce qui leur avait permis de se procurer de bonne heure une certaine aisance.

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